Le bouchon (2/3)
Après une longue période de quasi-monopole, le bouchon en liège a vu ses parts du marché mondial du vin en bouteille chuter de 95% à environ 65% depuis une quinzaine d’années. De nos jours, 15% des bouchages sont assurés par des bouchons en matière composite (liège aggloméré par exemple), 12% par des bouchons en matière plastique et près de 8% par des capsules à vis. Dans certains pays, comme la Nouvelle Zélande ou l’Australie, la capsule à vis est même devenue très majoritaire. Un autre système de fermeture, le bouchon en verre, recommence timidement à faire parler de lui (on se souvient que c’est un très vieux système, recommandé déjà par un auteur anglais du XVII ème siècle).
Le principal producteur de liège est le Portugal et les producteurs de liège mènent depuis quelque temps une campagne de lobbying très active. Pendant trop longtemps, ils ont ignoré les vraies causes du problème, rejetant la responsabilité sur les vignerons ou les metteurs en bouteilles, mais poussés par la concurrence, ils ont enfin entamé un vrai programme de recherche et de contrôle qualité. Il n’est pas sûr qu’ils regagnent les parts de marché perdues même si quelques pays viticoles - qui sont aussi producteurs de liège - ont récemment décrété que leurs vins les plus prestigieux devaient obligatoirement être fermés par du liège pour bénéficier de leur appellation !
Quels sont les reproches faits au liège ?
Ils sont de deux ordres : l’odeur horrible (et qui rappelle un peu le bois pourri) qui peut être communiquée à une bouteille de vin par certains bouchons. Ce « goût de bouchon » est dû à une molécule, le Trichloroanisole 2-4-6, ou TCA pour faire court. On estime que près de 2% des bouteilles fermées par du liège en sont plus ou moins affectées, mais ce chiffre recule au fur et à mesure des contrôles qualité que s’imposent les fabricants. Le risque zéro n’existe cependant pas.
Le problème le plus grave, bien que moins médiatisé, réside dans l’oxydation variable que subissent différentes bouteilles d’un même lot. Ce problème, qui s’accentue avec la durée de garde en bouteilles, n’est pas prêt d’être résolu pour les bouchons en liège massif car chaque bouchon, par définition, est différent d’un autre puisque la matière est organique. Le bouchon n’est cependant pas responsable de tous les défauts d’un vin : la réduction ou la présence de bactéries (brettanomyces qui donnent des saveurs d’écurie) par exemple, ont d’autres causes que le bouchage et peuvent être présentes dans des bouteilles fermées par n’importe quel système.








Donnez votre avis