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Leçon n°102: Le chasselas

Le chasselas est probablement plus connu comme cépage de table (pensez au Chasselas de Moissac, par exemple) que comme cépage de cuve, comme on dit d’une variété utilisée pour faire du vin. Mais on le trouve dans quelques endroits, en Suisse, en France, en Italie et même plus loin, y compris pour un usage vinicole.

Leçon n°102: Le chasselas

Ses origines, comme souvent, sont anciennes mais très disputées. Il y a trois ou quatre versions. D’abord deux versions « moyen-orientales », qui existent aussi pour d’autres cépages et qui ne sont, après tout, qu’une manière de rendre hommage au fait que le vin puise ses origines dans cette partie du monde. Dans le cas du chasselas, on raconte qu’il serait venu de Turquie ou d’Egypte. Parce qu’il existe, dans le Mâconnais, un village nommé Chasselas (comme il en existe un autre nommé Chardonnay), certains pensent que ses origines seraient bourguignonnes. Enfin les Suisses qui possèdent le plus grand nombre d’hectares plantés de chasselas (appelé Fendant dans le Valais) ne peuvent pas accepter une autre origine que Suisse. En réalité on ne sait pas, on sait seulement que les premières mentions claires de son existence remontent au moins au XVI ème siècle. Quant aux variantes et synonymes, il y en a beaucoup, ce qui tendrait à prouver son ancienneté. 

En France, le chasselas n’est pas très bien vu. Il a beaucoup régressé en Alsace, où il n’apparaît que rarement sur les étiquettes, servant plutôt, assemblé ou non, à l’élaboration de vins d’entrée de gamme, appelés Edelzwicker ou Gentil. Dans la Loire, on le trouve à Pouilly-sur-Loire, petite appellation qui survit dans l’ombre de sa voisine, Pouilly Fumé, dédiée au sauvignon blanc. En France, c’est la Savoie qui lui consacre le plus de place : Marignan, Marin, Ripaille et Crépy sont ses principaux lieux d’implantation. 

C’est de l’autre côté du lac Léman, dans le canton de Vaud en Suisse, que le chasselas atteint une forme de gloire locale. Le Dézalay (dans le Lavaux) par exemple, qui héberge les vignobles les plus escarpés que je connais, est planté de chasselas. Ici il atteint un niveau de concentration qu’on ne trouve pas ailleurs et les vins peuvent vieillir de manière surprenante. Car il faut dire que la majorité des vins produits à partir du chasselas sont assez neutres, parfois plaisants mais souvent un peu mous. 

Ailleurs on le trouve un peu en Allemagne, en Autriche et en Italie sous d’autres noms : Weisser Gutedel, Wälscher et Marzemina Bianca, respectivement. Il existe aussi en Roumanie, au Chili et en Nouvelle-Zélande, mais d’une manière très marginale.

 

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