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Leçon n°108: Le barbera

Le barbera est une des variétés rouges les plus plantées d’Italie, même si les surfaces qui lui sont consacrées ont fortement diminué depuis une vingtaine d’années.

Leçon n°108: Le barbera

Pourquoi cette baisse ? Comme souvent en pareil cas, cela est dû à la fois à des phénomènes de mode et au fait que cette variété a longtemps été utilisée, dans beaucoup de régions d’Italie, comme une sorte de « bonne à tout faire », plantée un peu n’importe où et produisant entre 100 et 150 hectolitres par hectare. Il est évident qu’aucun cépage rouge ne peut montrer sa valeur dans de telles conditions, car il n’arrive pas à pleine maturité et sa matière est diluée.

Sa région d’origine est discutable : entre le Piémont (province qui possède aujourd’hui les plus importante surface de barbera) et la Lombardie, particulièrement la zone d’Oltrepo Pavese. En tout cas on peut trouver des traces écrites de « bonis vitibus barbexinis » datant du XIII ème siècle dans les registres de la cathédrale de Casale Monferrato, dans la région d’Asti (Piémont). Aujourd’hui il a donné son nom à plusieurs appellations, comme Barbera d’Alba, Barbera d’Asti, suivant l’intelligente pratique italienne consistant à associer le nom d’un cépage à celui d’un nom de lieu.

Le barbera mûrit généralement plus tôt que le nebbiolo, mais plus tardivement que le dolcetto, le troisième cépage rouge du Piémont. Il conserve une belle acidité, même sous des climats chauds, ce qui explique probablement pourquoi il a largement accompagné les vagues d’émigrants italiens vers d’autres pays : Californie, Argentine, Australie, Afrique du Sud, etc. Cette forte acidité a récemment poussé certains producteurs piémontais à retarder les vendanges en le récoltant après le nebbiolo, donnant des vins plus puissants et riches. Du coup, il a un peu changé de statut au cours des 20 dernières années. Autrefois considéré comme un vin « populaire », pas cher mais fiable, le barbera est de plus en plus traité comme un grand vin, avec des prix en conséquence. Il est bien plus coloré que le nebbiolo, et on sait à quel point, malheureusement, l’intensité de couleur est considérée par beaucoup comme un indice de qualité ! En résumé, il est, comme nous tous, très sensible à la manière dont il est traité. Si on exige trop de lui (en rendements), sa qualité diminue et si on le plante au mauvais endroit, il boude !

Ailleurs en Italie, il est très présent en Lombardie, en Emilie-Romagne, en Sardaigne et un peu en Campanie, notamment dans l’appellation Taurasi, où il est souvent utilisé en assemblage pour sa couleur et son acidité. En dehors de la péninsule italienne, j’ai déjà mentionné certains pays du Nouveau Monde, mais on peut aussi le trouver en Slovénie.

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