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Leçon n°49: Que signifie le mot "prestige" ?

Le terme « prestige » est encore plus utilisé sur des étiquettes que celui de « tradition » dont j'ai parlé la semaine dernière.

Leçon n°49: Que signifie le mot "prestige" ?

A la différence d'une cuvée libellée « tradition », qui peut constituer un vin d'entrée de gamme chez un producteur (la tradition est-elle à ce point une chose bon marché dans le fond ?), il faut s'attendre à payer plus cher un vin qui porte la mention « prestige » ou « cuvée prestige ».

Il s'agit souvent d'un vin qui a bénéficié d'un élevage plus long que les autres cuvées du même producteur, la plupart du temps en barriques. Donc avec un coût de production indiscutablement plus important que celui d'une cuvée élevée simplement en cuve. De combien ? Cela va dépendre de la proportion de bois utilisé, et ensuite de la proportion de bois neuf. Une bonne barrique neuve coûte dans les 500 euros et contient environ 300 bouteilles de vin. Cela ajoute donc automatiquement 1,66 euros au coût de la bouteille, sans compter le coût de la main d'œuvre nécessaire pour bien gérer un élevage en barriques. On peut dire, à la louche, que le vin est vendu plus cher d'environ 5 euros en coûts de production, rien que pour la phase d'élevage. Mais il faut préciser qu'un vin fait pour être élevé en barrique coûte également plus cher en amont, c'est à dire dans la vigne car il faut une matière plus concentrée au départ pour que ce vin supporte un tel élevage, sans quoi le bois risque de trop marquer le vin jusqu'à le décharner.  Cela veut dire rendements plus faibles, sélection de raisins, etc. Nous allons donc généreusement accorder un surcoût de 10 euros à une cuvée de prestige. Admettons que le producteur souhaite mettre en valeur cette cuvée grâce à une bouteille lourde, une belle étiquette et un bouchon long, on peut ajouter un ou deux euros de plus. Nous arrivons alors à un écart maximal de 12 euros, en termes de coûts, avec une cuvée « normale ».

Si nous acceptons une marge un peu supérieure, car il faut bien faire vieillir ce vin un peu plus longtemps, il devient compréhensible qu'une cuvée de prestige coûte 15 euros de plus qu'une autre cuvée du même producteur. Payer plus relève d'accepter un positionnement marketing, pas un réel surcoût à la production !

Enfin, il faut rajouter que ce terme de « prestige », une fois de plus, ne bénéficie d'aucune législation, à la différence des termes « riserva » (en Italie) ou « reserva » (en Espagne).

Dans la mesure où ce terme n'est pas réglementé, j'ai beaucoup de mal à lui accorder plus de crédit qu'au mot "tradition"...

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