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Leçon n°50: Un vin plus cher est-il forcément meilleur ?

Je ferai la même réponse de normand que précédemment : « ça dépend » ! A vrai dire, la réponse courte serait « pas nécessairement », mais une réponse plus nuancée serait « meilleur pour qui, et meilleur pourquoi ?».

Leçon n°50: Un vin plus cher est-il forcément meilleur ?

En effet, si ce que vous aimez avant tout dans un vin rouge est une sensation directe de fruité et de fraîcheur, j'aurai bien du mal à vous convaincre qu'un grand bordeaux de 20 ans d'âge est meilleur qu'un beaujolais villages, et ce même si le prix du bordeaux est plus de 20 fois supérieur.

Le mot « meilleur » implique donc un goût, une appréciation esthétique, et personne ne peut prétendre détenir une quelconque vérité en la matière. Si je n'aime pas nécessairement les mêmes vins que Monsieur Parker, c'est bien mon droit le plus strict (comme le sien d'avoir son goût à lui).  Il possède un goût et personne n'est obligé de le partager. L'inverse est bien entendu vrai : personne n'est obligé de partager mes goûts en matière de vin, pas plus qu'en matière de peinture ou de littérature.

Sur le plan du prix des vins, on doit admettre qu'il existe une échelle de coûts de production, dont le niveau varie selon certains facteurs, notamment la valeur de l'investissement financier et des divers coûts de production, divisé par le nombre de bouteilles produites. Comme pour n'importe quel produit, il est légitime d'imputer dans la colonne des coûts l'ensemble des dépenses marketing, comme la publicité, les voyages de promotion et les échantillons distribués, par exemple. On peut admettre que les coûts de production des vins peuvent varier entre un euro (pour un vin produit dans une zone peu chère, avec un rendement élevé et une mise en bouteille jeune) et une vingtaine d'euros, mais rarement plus. La différence entre ces 20 euros et le prix des vins les plus chers est donc due aux marges des revendeurs (rarement plus de 50%, hors taxes et coûts de transport, exception faite de la restauration qui prend des marges plus élevées) mais surtout à la demande qui fait, parfois considérablement, monter les prix de certains vins.

Cette question de la demande et de son influence sur les prix est aussi ancienne que le monde, et je rappelle que le classement de 1855 des vins du Médoc et du Sauternais n'était pas basé sur autre chose.

Sans avoir goûté le vin et sans l'avis d'un expert fiable, il m'est difficile d'acheter un vin à plus de 15 ou 20 euros.
Et même en l'ayant goûté ou en ayant l'avis d'un expert, une chose est certaine: si le vin doit être bouchonné, je serai encore plus énervée s'il s'agit d'un vin cher ! A ce propos, y a-t-il un moyen d'identifier les bouchons "à risque" ?

Un vin cher n'est pas forcément source d'un plaisir plus grand, mais il peut être source d'une déception plus grande !

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