Leçon n°64: Existe-t-il un goût "féminin" pour le vin ? (1/2)
Je note, au passage, que la couverture de cette édition spéciale ne résiste pas à un certain racolage en mettant en avant, d’une manière très visible, un article intitulé « SEXE : ma libido révélée par le vin » ! Mais je reviendrai sur le fond de ce sondage, qui contient des choses intéressantes, après un constat général et une prise de position.
« Les femmes et le vin » est un sujet à la mode depuis quelque temps. Les associations de femmes du vin, les divers prix qui récompensent les femmes dans le vin, et les articles sur les femmes et le vin se multiplient ces temps-ci. Il y a même un concours de vins dégustés uniquement par les femmes, et des restaurateurs proposant uniquement des vins produits par des femmes. Il faut croire qu’il s’agit de ce qu’on appelle un « créneau porteur », un peu comme le « bio » ou le vin rosé.
Autant annoncer mon opinion sur ce sujet tout de suite, afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Je ne crois pas à un goût spécifiquement « féminin » en matière de vin, mais il y a des choses à développer sur ce sujet, car tout n’est pas affaire de goût. Et avant que l’on m’accuse d’être un affreux machiste, j’ajouterai que je suis très favorable à tout ce qui peut augmenter le poids des femmes (je parle du nombre bien entendu, pas du poids corporel !) dans tous les métiers du vin. En général, je trouve que tout ce qui tend à donner aux femmes leur juste place (c’est à dire environ 51% sur un plan purement statistique) dans tous les aspects de la société est une très bonne chose pour l’humanité. Je pense aussi que si nous étions gouvernés par des femmes, nous aurions bien moins de guerres, d’extrémismes de tous bords et autres horreurs contemporaines. Mais retournons à notre sujet qui est « est-ce qu’il existe un goût féminin dans le vin ? »
Voici quelques titres du communiqué issu de ce sondage sur le vin et les femmes, que je vais commenter. Je tiens à dire que je ne suis pas du tout statisticien et que mes commentaires portent plus sur le fond du sujet que sur la forme de ce sondage dont j’ignore la méthodologie.
Les vins quittent leur statut de boisson virile
Il est vrai que jusqu’à récemment, la carte des vins était toujours proposée à l’homme dans un restaurant. Cela pourrait être un phénomène spécifique à certaines cultures. Si vous allez au Japon, par exemple, vous serez frappé de voir que plus de la moitié des clients dans les bars à vins sont des femmes. Mais il est vrai que, dans la plupart des restaurants en Europe, le sommelier tendra spontanément la carte des vins à l’homme, plutôt qu’à la femme, lorsque l’un et l’autre sont présents à la table. C’est en train d ‘évoluer, mais lentement. On commence à demander à qui il faut donner la carte ou qui veut déguster. Le vin n’est plus l’apanage des hommes, et c’est tant mieux, mais il reste du chemin à faire !
89% des femmes déclarent apprécier le vin de plus en plus depuis qu’elles ont appris à le connaître (contre 85% des hommes).
Je ne sais pas si cet écart est considéré comme significatif, mais je pense qu’il pourrait être le reflet d’une plus grande humilité des femmes envers la découverte du vin. La notion « d’apprendre » est la clef de cette question, me semble-t-il. Dans mon expérience d’enseignant (ma société a pour nom « Connaître & Apprécier »), certains hommes ont tendance à étaler leur savoir et à penser qu’ils « connaissent » le vin. Tandis que les femmes restent plus souvent à l’écoute et sont, je dirais, plus ouvertes d’esprit. Ce sont là des généralités, bien sûr, mais cette différence constatée dans le sondage ne me surprend pas.
Je vais explorer d’autres aspects de cette question, et du sondage cité, la semaine prochaine.
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