Leçon n°97: Le petit verdot
Certes, il ne faut pas exagérer ce retour en grâce relatif, car la surface plantée en petit verdot à Bordeaux est de l’ordre de 500 hectares (sur 115 000 ha), soit 0,4% du vignoble, mais cette petite part, qui est surtout concentrée sur la rive gauche, et particulièrement dans le Médoc, est en augmentation lente mais apparemment sûre. Au XVIII ème siècle le petit verdot avait une très belle réputation et a joué un rôle important dans la naissance des grands vins de la rive gauche. Il est resté assez présent jusqu’aux grandes gelées de 1956.
Le petit verdot appartient à la famille des carmenets, peut-être originaire des Pyrénées. Il mûrit encore plus tardivement que le cabernet sauvignon, et apporte surtout vivacité et couleur, mais aussi tannins, car sa peau est épaisse. Son nom évoque d’ailleurs un peu sa nature, baies petites et tendance à paraître « vert », c’est-à-dire végétal et acide au goût, en tout cas quand il n’est pas parfaitement mûr. Les tons foncés étant à la mode pour les vins rouges, et l’acidité étant très utile dans les années chaudes, de plus en plus de châteaux communiquent maintenant autour de leur petit verdot, même s’il ne constitue que 5% (et souvent bien moins) de l’assemblage. Ses saveurs peuvent même sembler un peu épicées. Il est donc utilisé un peu comme du poivre dans un plat. Quelques châteaux lui consacrent un pourcentage important, comme les très bons Château Bellevue (Haut-Médoc avec 20% de petit verdot) et Rollan de By (Médoc avec 16% de petit verdot).
Dans des régions et pays plus chauds, où il parvient plus facilement à maturité, il peut même donner d’excellents résultats seuls. J’ai dégusté de très bons petits verdots purs du Languedoc (Vins de Pays), d’Espagne, de Californie, d’Afrique du Sud et d’Australie, par exemple, mais, comme à Bordeaux, il est essentiellement utilisé en assemblage y compris dans ces pays, mais aussi en Italie et au Chili. Pour vous donner une idée, les plantations de petit verdot en Australie sont quatre fois plus importantes que celles du Bordelais. Si le réchauffement climatique se confirme dans les décennies à venir, il est très possible que le petit verdot retrouve largement les faveurs des producteurs bordelais.








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