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Les pionniers du tourisme viticole (3/5)

Robert Louis Stevenson est un auteur écossais du XIX ème siècle, célèbre d’abord pour son roman l’Ile au Trésor mais également pour ses récits de voyages en France (Voyage avec un âne dans les Cévennes, 1789) et aux Etats-Unis.

Les pionniers du tourisme viticole (3/5)

Il est ensuite parti en Californie pour fêter ses noces avec sa deuxième épouse et en tirera un récit publié en 1883, intitulé « The Silverado Squatters », dans lequel il consacre un chapitre (Chapitre 3) à la vallée de Napa et à ses vins (« Je me suis intéressé aux vins de Californie. En vérité je m’intéresse à tous les vins et cela depuis toujours »).

Ce livre comporte une description très émouvante des ravages causés, à cette époque, par le phylloxera dans les vignobles européens. Nous avons du mal à imaginer l’ampleur de la catastrophe pour les producteurs et amateurs de vin de l’époque : « …comme le vers indomptable (il s’agissait en réalité d’un puceron) envahit les terrasses ensoleillées de France. Bordeaux n’existe plus, le Rhône est un désert mort, Châteauneuf est fini et je n’en ai jamais goûté ; Hermitage expire aux bords du fleuve….Bacchus est mort »

En arrivant dans la baie de San Francisco, il découvre les vignobles des collines environnantes et investiguera pendant son séjour la production du vin alors en plein développement à Napa et Sonoma : « Le vin en Californie est encore au stade expérimental. Lorsque vous dégustez un millésime, il y a des sujets économiques importants en jeu. Les première plantations sont comme des explorations minières : le vigneron prospecte aussi. On essaie une variété de vigne après l’autre sur une parcelle donnée. Ah, échec. Ah, voilà qui est mieux. Ah, au troisième, c’est bon. Ainsi cherche-t-on, en tâtonnant, son clos-vougeot, son lafite. Ces filons, ces petites langues de terre, plus précieuses que les veines où affleure le précieux minerai, qui demain donneront au vin son inimitable bouquet et son feu si doux… »

Et il conclut : « Nous regardons timidement vers l’avenir, avec une lueur d’espoir, vers ces nouvelles terres, déjà fatiguées de produire de l’or, qui commencent à verdir avec la vigne. Un point crucial de l’histoire de l’humanité doit être décidé par les vins de Californie et d’Australie. »

Cette vision remarquable, même si l’antidote au phylloxera sera trouvé peu de temps après, et même si la Prohibition aux Etats-Unis a détruit le vignoble Californien aussi sûrement que la maladie (pendant 40 ans), était juste. Stevenson était un touriste un peu hippie, mais lucide et visionnaire.

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