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Algérie

Introduite par les phéniciens, la vigne s'est ensuite développée sous l'ère romaine.

Histoire

Avec la conquête arabe du Maghreb, achevée au VIII ème siècle, et plus tard les invasions ottomanes, le vignoble à vin a été réduit à presque rien jusqu'au XIX ème siècle. La présence française a conduit à un développement spectaculaire de la vigne dans les trois pays du Maghreb. Jusqu'en 1950, ils fournissent des flots de vins colorés destinés à couper la production médiocre du Languedoc-Roussillon. La décolonisation, l'absence d'investissements et de marché intérieur ont rapidement fait chuter la production. Aujourd'hui, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie présentent des situations viticoles très contrastées.

L'Algérie, avec ses 400 000 hectares en 1950, a été le premier exportateur mondial de vin. Privé de débouchés commerciaux et de capitaux après sa nationalisation, le vignoble ne s'est pas remis du départ des français et une grande partie est en friche. Malgré quelques initiatives locales et la résistance de marques bien installées en France (Sidi Brahim), et en l'absence d'investissements significatifs, rien n'indique le retour en grâce des vins algériens. Le constat est très différent pour le Maroc. Après la décolonisation, le vignoble a survécu grâce à un réseau de coopératives partiellement privatisées aujourd'hui. Depuis 15 ans, des investisseurs étrangers, comme le groupe Castel, ou locaux (Celliers de Meknès) se sont intéressés au potentiel marocain. Les conditions géographiques, les faibles coûts de production, le développement du tourisme et un marché intérieur assez important (45 millions de bouteilles par an) font du Maroc le producteur le plus en vue de la rive Sud de la Méditerranée. L'évolution a été identique en Tunisie où l'ancien vignoble d'Etat a été mis en concession. Des sociétés, comme Les Vignerons de Carthage, ont rapidement modernisé la production pour répondre à un marché en plein développement : expatriés, touriste et tunisiens consomment près de 50 millions de bouteilles par an.

Législation

Les législations du Maghreb sont très largement inspirées du modèle français. La Tunisie compte sept AOC (Appellation d'Origine Contrôlée) représentant près de 70% de la production. L'Algérie et le Maroc ont un système d'AOG (Appellation d'Origine Garantie) qui est loin de couvrir l'ensemble de la production.

Géographie et vins

Le climat du Maghreb est chaud et sec et la vigne s'est naturellement développée près des côtes ou sur les reliefs situés légèrement à l'intérieur. Ces zones relativement tempérées bénéficient de la fraîcheur liée à l'altitude et aux influences atlantiques ou méditerranéennes.

Le vignoble tunisien, 20 000 ha, est concentré dans les régions côtières du nord-est, dans un triangle Bizerte, Nabeul, Béja. Le plus vaste périmètre est celui de Cap Bon avec 10 000 hectares, puis viennent les régions de Tunis, Bizerte et Beja-Jendouba. Officiellement, le vignoble algérien s'étend sur 40 000 hectares, mais une grande partie est laissée à l'abandon. L'Oranais, à l'ouest, demeure la principale région de production devant l'arrière-pays d'Alger qui bénéficie d'un climat plus doux et plus humide. Au Maroc, l'essentiel du vignoble se situe dans les vallées coincées entre les chaînes de montagnes (Moyen Atlas et Haut Atlas) et l'océan Atlantique. Les vignes proches de la côte, plantées sur des sols sablonneux, bénéficient d'une pluviométrie régulière, mais les sites les plus en vue sont ceux de Meknès et Fès, situés en altitude et qui offrent quelques-uns des meilleurs vins rouges de la région.

Le climat favorise plutôt la production de vins rouges puissants, colorés et riches. Les meilleurs atteignent un niveau très respectable surtout au Maroc et en Tunisie où les équipements de vinification ont été modernisés. Les cépages importés par les colons aux XIX ème et XX ème siècles comme les carignan, cinsault, aramon, ou alicante bouschet reculent au profit du cabernet-sauvignon, de la syrah, du merlot ou du mourvèdre. On cultive encore quelques variétés locales dont les farhana, hasseroum ou rafsai. Les rosés et gris (vins pâles issus de cépages rouges vinifiés en blanc), souvent issus du carignan, sont assez populaires, notamment le Gris de Boulaouane au Maroc. Les blancs sont globalement moins intéressants, à l'exception des vins doux issus du muscat.

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