Alsace
Histoire
Planté autour du II ème siècle de notre ère par les Romains, puis en déclin après la chute de l’Empire, le vignoble se développe sous les dynasties mérovingiennes et carolingiennes grâce aux évêchés, abbayes et monastères, créés en grand nombre. Les vins d’Alsace connaîtront jusqu’au XVI ème siècle un premier âge d’or : exportés dans toute l’Europe du Nord, ils font l’objet d’une réglementation sur les cépages, la
vinification et la commercialisation. Leur réputation est tenue en haute estime. Ravagé pendant la guerre de Trente ans (1618-1648), le vignoble est progressivement replanté dans les zones de plaine à l’aide de cépages médiocres. Il couvrira jusqu’à 30 000 ha en 1828, mais les vins ont perdu leur réputation d’excellence. Puis viennent le phylloxéra et les guerres franco-allemandes dont l’Alsace est au coeur. En 1918, il ne reste plus que 9000 ha d’un vignoble en mauvais état et à la notoriété très affaiblie. A la fin des années 1940, les partisans d’une production de qualité imposent leur vue. On abandonne les hybrides au profit de cépages de qualité et le vignoble reconquiert les coteaux longtemps abandonnés. Il faudra encore une quinzaine d’années avant que l’Alsace se voit octroyer le statut d’AOC (1962).
Géographie
Avec ses 15 300 hectares plantés, le vignoble alsacien représente environ 3% du vignoble français en appellation contrôlée. Situé à l’extrême nord-est de la France, il s’étend sur les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin entre les Vosges et la plaine d’Alsace, et couvre une étroite bande de terre, essentiellement en coteaux, d’environ 120 km de long sur une largeur n’excédant que rarement 4 km. Le climat du nord-est de la France est marqué par des influences continentales (étés chauds et des hivers froids et relativement secs). Toutefois la logique des latitudes est pondérée par la situation originale du vignoble, assis sur les contreforts est des Vosges et bénéficiant à la fois de la protection du massif (précipitations trois fois inférieures à celles des sommets) et d’un effet de foehn (vent tiède). Les arrières saisons sont donc particulièrement clémentes et les raisins bénéficient d’excellentes conditions de maturation. Les sols sont globalement pauvres, chauffants et bien drainants mais leur composition est d’une extrême complexité : sur des socles anciens, parfois affleurants, formés de roches volcaniques, se juxtaposent des grés, des calcaires ou des loess.
Cépages et vins
L’encépagement alsacien est l’un des plus originaux de France. A côté des pinot blanc, muscat, sylvaner, pinot gris ou pinot noir (unique cépage rouge), la région a emprunté à l’Europe Centrale deux variétés à l’origine des vins les plus connus d’Alsace : le riesling et le gewurztraminer (40% des surfaces plantées à eux deux). Les vins blancs représentent 92 % de la production et l’essentiel est constitué de vins issus d’un seul cépage dont le nom, fait rare parmi les AOC françaises, figure sur l’étiquette. L’écrasante majorité des vins sont « secs » mais certains d’entre eux conservent une proportion variable de sucre résiduel qui donnera une sensation de douceur plus ou moins marquée au vin.
Quatre cépages sont dits « nobles », ce qui leur confère le droit d’arborer la mention « grand cru » s’ils proviennent de l’une des 51 parcelles classées en Grand Cru. Le Gewurztraminer possède un caractère rond et généreux, des arômes particulièrement exubérants et identifiables, entre fleur et fruit exotique et un moelleux plus ou moins affirmés. Le pinot gris partage cette rondeur mais dans un registre aromatique plus discret. Le riesling serait presque l’antithèse du gewurztraminer : des vins fins, subtils, parfois de longue garde, bâtis autour de leur acidité et dont le style sera très variable en fonction des vignobles. Le muscat, plutôt rare, montre un caractère fruité très agréable et une certaine puissance. Les cépages dits secondaires sont parfois dignes d’intérêt, en particulier le pinot blanc qui peut donner des vins souples et très gourmands. En rouge, le pinot noir se décline en vins rouges ou rosés légers et fruités, même si quelques producteurs en tirent de belles cuvées charnues et structurées, dans un style bourguignon.
Les demi-secs et liquoreux sont l’un des points forts de la région. On produit, grâce aux conditions climatiques très clémentes de la fin de l’été et de l’automne, des Vendanges Tardives et des Sélections de Grains Nobles parfois somptueuses.
Il existe enfin quelques vins d’assemblages (Gentil ou Edelzwicker) ainsi qu’une significative production de crémants.






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