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Argentine

Le premier vignoble argentin fut créé en 1557 par le jésuite Juan Cidrón, venu du Chili avec quelques plants de criolla.

Histoire

De Santiago del Estero au Nord, le vignoble s’étendit vers le Sud le long des contreforts andins et atteignit Mendoza à la fin du XVI ème siècle. La culture de la vigne prit de l’ampleur aux XVIII ème et XIX ème siècle avec l’extension urbaine et la construction d’une ligne ferroviaire reliant la capitale, Buenos Aires, à Mendoza. Malgré l’introduction de cépages français dès 1880 et quelques tentatives pour développer une viticulture de qualité, la production argentine resta longtemps vouée aux vins en vrac avec des rendements atteignant les 400 hl/ha dans les années 1960 !

Depuis, le vignoble a été réduit, l’encépagement revu et la filière largement modernisée. La qualité des terroirs, le savoir-faire local et le faible coût de la terre ont attiré des investisseurs étrangers qui, avec les acteurs locaux, ont rapidement hissé le niveau de la production. Le pays a conservé un marché intérieur vigoureux mais l’essentiel des meilleurs vins argentins est exporté. En 10 ans seulement, les vins argentins sont sortis de l’anonymat, en particulier les rouges, appréciés pour leur maturité, leur rondeur, leur fruité et leur rapport qualité prix très performant.

Géographie et cépages

Dans ce vaste pays de 2,7 millions de km2, les 211 000 hectares de vignes (à vin) se concentrent dans la frange occidentale, sur les contreforts andins. La vigne occupe des paysages à perte de vue, sur les plateaux désertiques ou les zones plus pentues de piémont. L’aridité constitue le trait dominant du climat argentin. En dépit de l’altitude, la plupart des vignobles sont situés entre 700 et 1400 mètres, la température atteint souvent 40 degrés en été. En revanche, à ces altitudes, les nuits sont fraîches et les raisins conservent leur potentiel aromatique. Excepté au Sud, dans les régions de Río Negro et Neuquén, la faiblesse des précipitations exige de recourir à l’irrigation selon des techniques aujourd’hui maîtrisées.

La gamme des cépages argentins illustre bien les différentes vagues d’immigration européenne des XVIII et XIX ème siècles et le pays possède le plus large éventail de variétés des pays dits du Nouveau Monde. Bien qu’en recul, les criola, cereza et moscatel rosada, cépages à peau rose, restent très répandus. En rouge, le malbec est depuis peu le premier cépage du pays. L’Argentine a bâti sa réputation sur cette variété qui s’adapte parfaitement au profil géographique de Mendoza. Les malbecs argentins sont suaves, mûrs, fruités et conservent, généralement, ce qu’il faut de fraîcheur. Derrière, le bonarda (originaire de Lombardie), le cabernet-sauvignon et la syrah sont également très plantés et en extension. Le second offre des vins assez séduisants, concentrés, mûrs, plutôt ronds, aux saveurs intenses. Les cépages blancs ont connu un boom dans les années 1980. Parmi les variétés traditionnelles, le torrontés est le plus convaincant et donne des vins parfois très agréables, aromatiques et très souples. Dans les variétés plus récemment importées, le chardonnay connaît un franc succès grâce à ses vins ronds et fruités, souvent chaleureux. Il devance largement l’ugni blanc, le chenin et le sauvignon, ce dernier pouvant se révéler assez séduisant lorsqu’il est planté dans les vignobles d’altitude.

Législation

La réglementation de la production est une idée encore jeune, mais qui semble faire son chemin. Les contraintes de production n’existent que dans le cadre des DOC, Denominación de origen controlada, au nombre de deux seulement, Luján de Cuyo et San Rafael dans la province de Mendoza. La réglementation impose des cépages spécifiques, des méthodes de culture et d’élaboration et un vieillissement minimum.

Cela ne doit pas faire oublier que le cépage fait toujours référence sur les étiquettes des vins argentins, bien davantage que le lieu de production.

Les régions viticoles

La région de Mendoza (156 000 ha) est la grande région viticole de l’Argentine, à la fois en volume, 70% de la production nationale, et en qualité, grâce à un environnement particulièrement propice à la vigne, notamment dans les zones les plus en altitude, plus fraîches. Les sous-régions de Maipú et Luján de Cuyo au Sud-Ouest, entre 700 et 1100 mètres d’altitude, se sont forgé une belle réputation grâce à leurs malbecs issus de vieilles vignes et, de plus en plus, au cabernet sauvignon. En blanc, le chardonnay et le sémillon s’expriment bien dans les vignobles de Tupungato dans le nord de la Valle de Uco. Ailleurs, à Mendoza, les variétés italiennes et le tempranillo peuvent donner des vins souples et agréablement fruités. En dehors de Mendoza quelques zones commencent à produire des vins intéressants : la vallée du Río Negro au Sud pour ses blancs et ses rouges (cabernet-sauvignon), certains secteurs d’altitude de San Juan et Cafayate (Vallée de Salsa) au Nord, bien connu pour ses torrontès et ses tannats, malbecs et cabernets très prometteurs.

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