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Chili

Au Chili, la vigne a derrière elle une longue histoire, qui débute au XVI ème siècle.

Histoire

Introduit par les Espagnols, le vin est d’abord nécessaire à la célébration du culte catholique avant de devenir, au XVIII ème siècle, une production commerciale importante : le Chili devient un gros pourvoyeur de vins très bon marché, produits à partir de cépages comme le país, la mission ou le moscatel. Au siècle suivant, quelques riches propriétaires chiliens reviennent d’Europe avec des idées nouvelles et quelques plants de vigne importés de France. Dans un environnement protégé, ces nouvelles variétés allaient pouvoir s’épanouir à l’abri des maladies, phylloxéra en tête, qui ravageaient les vignobles européens. La viticulture prospéra sur ces bases saines pendant la première moitié du XX ème siècle, soutenue par une consommation intérieure vigoureuse. Puis la balance s’inversa dans les années 1960 : baisse de la consommation, surproduction, chute des prix, et finalement arrachage de 45¨% des surfaces. C’est dans ce climat que le catalan Miguel Torrès tente l’aventure chilienne en 1978, convaincu par le potentiel viticole de ce pays. Des investisseurs français et américains l’imitent bientôt, tandis que les producteurs chiliens s’inspirent du savoir-faire européen et américain pour moderniser leurs domaines. Les trois dernières décennies ont profondément transformé le visage de la viticulture chilienne qui a réalisé l’une des plus belles percées sur le marché mondial du vin. Un environnement favorable, des coûts de production faibles et un réel dynamisme ont permis au Chili d’offrir aujourd’hui des vins bien faits, réguliers et d’un bon rapport qualité prix. Depuis 10 ans, un vrai travail d’investigation des terroirs a été entamé.

Géographie et cépages

Le Chili se présente sous la forme d’un long et étroit ruban de 4500 km du nord au sud. L’essentiel des 116 000 ha de vignes est situé dans la partie centrale, adossée aux Andes et regardant le Pacifique, entrecoupée de multiples vallées latérales. Le climat, globalement chaud, est largement tempéré par la fraîcheur des Andes et par le courant pacifique froid du Humboldt. Les vignes sont soumises à d’assez fortes amplitudes de température entre le jour et la nuit, ce qui permet de produire des raisins possédant une bonne concentration tout en conservant de l’acidité. Les précipitations sont presque nulles de décembre jusqu’aux vendanges, ce qui nécessite de recourir à l’irrigation. En matière de cépage, il subsiste du legs espagnol des variétés traditionnelles comme le moscatel, le torontel et surtout le país qui couvre encore 15% de la surface plantée. Mais le pays a bâti sa réputation sur les principaux cépages dits « internationaux » avec, largement en tête, le cabernet-sauvignon (35%) suivi du merlot et du carménère, un vieux cépage bordelais, assez proche du merlot, qui connaît au Chili une seconde jeunesse.

Législation

La loi de 1985 a individualisé 5 régions de production (Atacama, Coquimbo, l’Aconcagua, Vallée Centrale, Vallée du Sud), qui sont découpées du nord au sud et divisées elle-même en plusieurs sous-régions, ou vallées, qui sont autant de dénominations d’origine. Le souci récent d’individualiser des zones géographiques de plus en plus localisées fait maintenant apparaître des « zones » à l’intérieur des sous-régions, essentiellement dans la Vallée Centrale. Notons cependant que cette approche est récente et que le cépage fait encore largement référence, par dessus la région.

Les régions viticoles

Les vallées d’Elqui et de Limari sont les régions viticoles les plus septentrionales du pays. Le climat aride ne les prédispose pas à produire de grands vins, mais Limari offre des cabernets-sauvignons trapus et chaleureux. Au pied de l’Aconcagua qui culmine à 7000 m, s’étend le vignoble de l’Aconcagua Valley qui s’étire quasiment jusqu’à la mer. La chaleur et la sécheresse profitent surtout aux cépages rouges cabernet et merlot, mais aussi à la syrah qui a été introduite pour la première fois au Chili dans ce secteur. Plus au sud, la vallée de Casablanca jouit d’un climat rafraîchi par le Pacifique et produit quelques-uns des meilleurs vins blancs du pays (chardonnay et sauvignon), dans un style relativement vif, ainsi que quelques pinots noirs prometteurs. La vallée de San Antonio juste au Sud-Ouest est située à moins de 5 km de l’Océan. La plus petite région viticole du Chili s’adonne avec réussite aux blancs avec en particulier des chardonnays et des sauvignons frais et fruités. Plus au Sud s’étend la Plaine Centrale, cœur de la viticulture chilienne. Autour de Santiago, c’est d’abord la vallée de Maipo, la plus ancienne et la plus célèbre, qui concentre sur ses 10 000 hectares un grand nombre de domaines prestigieux. Le cabernet sauvignon couvre ici près de 60% des surfaces. Cachapoal a connu un développement récent mais rapide surtout dans la zone est qui profite de la fraîcheur andine. Le cabernet domine encore, toutefois le carménère a de plus en plus de partisans. Avec ses 20 000 ha, Colchagua est l’un des plus vastes périmètres viticoles du pays. Une partie des vignobles de plaine s’est progressivement déplacée vers les zones de piémont. Sur ces sites plus tempérés, le cabernet-sauvignon, le merlot et le carménère donnent des vins suaves et puissants avec une belle densité de fruit. Le malbec connaît aussi quelques réussites.

La vallée de Curicó couvre 16 000 hectares. C’est ici que l’Espagnol Torres s’est installé dans les années 1970. L’essentiel du vignoble est massé dans la partie sud, autour de la rivière Lontué. Le climat de type méditerranéen profite au cabernet-sauvignon, au merlot et au sauvignon blanc. Au Sud, la vallée de Maule est la première région viticole du Chili avec plus de 40% des plantations. Plutôt sec et chaud près du Pacifique, le climat devient plus tempéré vers l’Est avec des pluies violentes en hiver et des températures sensiblement plus fraîches. Le país couvre encore près de 10 000 ha, mais le cabernet-sauvignon le devance depuis peu.

Les régions du Sud, constituées des vallées de Itata, Bío-Bío et Malleco, accusent encore un net retard et fournissent l’essentiel des raisins destinés au pisco, l’eau-de-vie locale, mais on produit maintenant quelques blancs nerveux très prometteurs.

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