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Le Chenin Blanc

Il s'agit de l'un des plus vieux cépages français clairement identifié dont la première mention remonte au XI ème siècle.

Le Chenin Blanc

Il serait issu d'une sélection ancienne du pineau d'aunis (ou chenin noir). En Anjou, sa région d'origine, il était connu sous le nom de Pineau de la Loire avant d'être rebaptisé chenin blanc après sa migration en Touraine. Depuis, il est resté solidement implanté dans sa région d'origine, la vallée de la Loire entre Orléans et Angers. Au XVII ème siècle, il migre en Afrique du Sud où il connaîtra une longue et belle carrière. Baptisé localement « steen », le chenin blanc, bien qu'en fort recul, reste aujourd'hui le cépage le plus planté (18 000 ha) du pays. Ailleurs il n'a pas connu le même succès. Très peu utilisé en Europe, rare en Australie, au Chili ou en Nouvelle-Zélande, il reste assez présent (4600 ha) dans la Central Valley en Californie.
Peu de cépages sont aussi polyvalents que le chenin blanc qui peut produire des vins secs, des demi-secs, des liquoreux, des effervescents, voire des vins de base destinés à la distillation. Il a traîné longtemps une mauvaise réputation à cause des flots de vins dilués (rendements jusqu'à 170 hl/ha), plus ou moins doux et peu aromatiques, venus d'Afrique du Sud ou de Californie. Après un long déclin, certains producteurs sud-africains, regroupés dans une association de sauvegarde du cépage, cherchent à la réhabiliter car, bien cultivé, le chenin peut offrir des vins fins et frais, dotés d'une complexité intéressante, y compris sous des climats chauds.  Cette acidité peut devenir agressive sous des latitudes plus tempérées comme celle de la Loire, notamment dans les années difficiles, mais elle donne aussi structure et longévité aux vins secs et liquoreux. A son meilleur, le chenin est un grand cépage.

Le chenin blanc en France

Dans les années 1970 le chenin a été massivement arraché dans la Loire au profit des cabernet franc, gamay ou sauvignon blanc plus au goût du jour. Il couvre aujourd'hui près de 10 000 ha et sa surface semble stabilisée. L'essentiel est planté dans les appellations de l'Anjou et de Touraine où il offre une large palette de types et de styles. Les blancs secs sont plutôt des vins nerveux aux parfums délicats, entre fleur et fruit, que l'on boit jeune, sur le fruit. Certaines appellations, comme Savennières, en offrent des versions plus puissantes, concentrées, issues de petits rendements, aptes à un long vieillissement et parfois à un élevage sous bois. Sa maturité tardive en fait aussi un cépage idéal pour la production de vins doux : à Montlouis, à Vouvray ou dans le Layon, on produit des liquoreux, parfois issus du botrytis, concentrés et frais avec de belles notes de fruit confit et de miel. L'acidité naturelle du cépage l'a rendu populaire à Saumur et à Vouvray pour la production de vins pétillants (Crémant). Pour cette même raison on le retrouve dans le Languedoc, sur les terroirs d'altitude de Limoux où il entre dans la composition de certains mousseux. Quelques vignerons en tirent aussi de bien belles cuvées de blanc sec.

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