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Château d’Yquem, Sauternes

Château Yquem est le plus grand vin de Sauternes.

Château d’Yquem, Sauternes

L’histoire & les hommes

Château Yquem est le plus grand vin de Sauternes. Le classement de 1855 faisait même de lui le plus grand de tout le Bordelais, car il est le seul parmi les premiers crus classés auquel on attribua le titre « supérieur ».

Si l’origine du terme « Yquem » reste obscure, on connaît en revanche l’un de ses premiers propriétaires, la famille Sauvage qui entre en possession du château en 1592. Par le jeu des mariages, les Lur Saluces héritent du domaine en 1785 et en resteront propriétaires pendant plus de deux siècles jusqu’à son rachat par LVMH qui confie, en 2004, la direction du château à Pierre Lurton. La réputation d’excellence des vins du château est ancienne et Thomas Jefferson félicitait Monsieur de Lur Saluces en 1787 de posséder « l’un des meilleurs crus de Sauternes », sans que l’on sache précisément quel type de vin était produit à cette époque. La pratique de vendanges tardives est établie dans le sauternais dès 1666 mais il faut attendre le début du XIX ème siècle pour voir se généraliser la récolte de raisins « pourris ». C’est à cette époque qu’Yquem s’affirme comme la propriété phare du sauternais avec des prix de vente jusqu’à cinq fois supérieurs à ceux des grands Margaux, par exemple. 

Le vignoble et le vin

Le château, authentique bâtisse médiévale érigée au XII ème siècle au sommet d’un petit coteau, domine un domaine de 113 hectares. Le vignoble, situé à une altitude de 40 mètres, jouit d’un méso-climat particulier : une brume persistante le matin et une température plus élevée que la moyenne l’après-midi. A partir du mois d’octobre, cette alternance d’humidité et de soleil favorise le développement d’un champignon, le botrytis cinerea, qui recouvre chaque baie, perce sa pellicule et la flétrit progressivement tout en concentrant à l’intérieur sucres et acidité. Les vendanges se font au rythme des attaques de « pourriture », au prix de passages répétés, appelés « tries » (jusqu’à 10 à Yquem), entre les rangs pour prélever les grappes suffisamment atteintes. Produire un vin botrytisé est déjà, en soi, un exercice difficile, mais produire un Yquem est un tour de force : rendements autour de 9 hl/ha, tries impitoyables, triple pressurage, fermentation longue, soutirages répétés, élevage en chêne neuf pendant trois ans, etc. En dehors des millésimes désastreux comme 1992, où Yquem renonce à produire ses liquoreux, le résultat est régulièrement somptueux. Les vins s’imposent par leur concentration, leur puissance et leur richesse aromatique tout en maintenant un équilibre et une harmonie qui allègent et transcendent cette magnifique opulence, mais on ne sera jamais assez précis pour décrire ce vin à la complexité absolument hors du commun.

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