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Billets d'humeur

Le Salon des Vins des Vignerons Indépendants

Entraînez-vous à recracher les vins que vous dégustez si vous voulez effectuer en bon état ce parcours du combattant car il n’y aura pas loin d’un millier de vignerons indépendants présents dans ce salon gigantesque, ouvert au public.

Les vins et spiritueux de toutes les régions de France seront représentés. Le succès du salon ne se dément pas et la foule parcourant ses allées l’atteste chaque année. On fera un seul reproche : les organisateurs refusent, depuis le début de ce salon (il y a 25 ans environ), de regrouper les vins par type, ou par région. Cela rend la tâche de celui ou celle qui voudrait, par exemple, comparer tous les muscadets avant de faire ses achats, presque impossible dans ce magma. A l’heure où les consommateurs sont de plus en plus ouverts, curieux et instruits, on peut trouver cela fort dommage. Que cela ne vous empêche pas d’y aller car le salon est la garantie de belles découvertes même si cela reste, par définition, inégal sur le plan qualitatif car tous les vignerons peuvent venir présenter leurs produits. On peut y aller et se laisser guider par sa curiosité mais mieux vaut préparer en amont son périple en repérant si possible quelques bonnes adresses en s’aidant de guides et revues spécialisées dont certaines éditent des numéros spéciaux. Le site www.vigneron-independant.com met à disposition un outil pratique qui permet de planifier votre visite.


En attendant, voici une petite liste, non-exhaustive, de producteurs recommandables présents cette année au salon :
Alsace : Pierre Adam, Barmes Buecher
Bordeaux : Château Villar, Paloumey, La Tour de By, Cap Léon Veyrin, Sainte Marie
Bourgogne & Beaujolais : Berthelemot, Arnoux Père et Fils, Taupenot Merme, Magnien, Chevalier Père et Fils, Cheysson, Lathuillière Gravallon
Champagne : Agrapart, Beaufort, Moncuit, Loriot, Waris Larmandier
Jura & Savoie : D’Arlay, Rolet Père et Fils, M. et A. Tissot, Domaine de la Pinte, L’Idylle
Languedoc-Roussillon : Abbaye de Fonfroide, Clos de l’Anhel, Etang des Colombes, D’Oupia, Daumas Gassac, La Tour Vieille, Mas Rous, Piquemal
Provence, Corse : Torracia, Leccia, Bastide Blanche, Tour du Bon, Bunan
Sud-Ouest : Verdots, L’Ancienne Cure, La Robertie, Troteligotte, Mas del Périé, Gamot, Triguedina, Cauhapé, Gineste
Loire : Loye, Ouches, Breton, Dozon, Frissant, Cormerais, Bonnet-Huteau, Landron, Bois Brinçon, Tracy, Soucherie, Saint-Nicolas
Rhône : Amadieu, Joncier, Charavin, Usseglio, Font de Michelle, La Gardine, Les Grands Bois

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Que faire d’une bouteille entamée au restaurant ?

Vin et Société, l’organisme en charge de la consommation responsable d'alcool en France, vient de lancer une initiative utile : pouvoir ramener chez soi la bouteille entamée au restaurant. On ne se force donc plus inutilement à finir la bouteille « parce qu’on l’a achetée », au risque de dépasser la consommation autorisée, et on se fait plaisir sans arrière-pensée au moment du choix. Le restaurateur met à disposition du client un sac en tissu dans lequel il pourra ramener son flacon à la maison, de façon discrète et plutôt chic. Une cinquantaine d’établissements se sont déjà laissé convaincre par le partenariat. 

Cette tendance au doggy bag appliqué au vin pourrait devenir, chez nous, aussi courante qu'outre Atlantique. A encourager quand on sait par ailleurs le prix du vin au restaurant !

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Les vendanges 2011 : un grand millésime !

Et oui, l'Angleterre, mon pays d’origine est aussi terre de vignoble : on compte 400 propriétés viticoles et une centaine de wineries car, comme en Champagne par exemple, la majorité des vignerons vendent leurs raisins à des producteurs. Plus de 1 000 hectares sont en production, 300 de plus ont été plantés et bien d’autres projets de plantations sont en cours : une frénésie qui s’explique largement par la montée des températures moyennes. Au XV ème siècle, c’est au contraire le petit âge glaciaire - puis le démantèlement des monastères en 1536 - qui ont eu raison des velléités vigneronnes des britanniques. Le réchauffement climatique est donc ici une aubaine et les viticulteurs ont su apprécier le temps chaud de fin septembre/début octobre, très profitable aux sucres des raisins, et donc aux degrés alcooliques des futurs vins anglais. Cette belle arrière-saison a également permis d’abaisser les acidités, qui peuvent être redoutables, et d’obtenir une meilleur concentration des saveurs fruitées.  Pour certains producteurs, 2011 est le plus beau millésime qu’ils aient eu à travailler, certes avec un historique plutôt bref. Les variétés hybrides (Ortega, Ronda, Seyval, Bacchus) ont été récoltées les premières, suivies par les chardonnays et pinots. De quoi produire en 2011 quelques bonnes bulles, spécialité anglaise, mais aussi de plus en plus de rosés, très à la mode.

J'ai aussi quelque pieds vignes est cette année pas besoin de chaptalisé,Rondo & autre ne sont pas mauvais comme vigne interspecifique.

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Vin et rugby : deux mondes qui se ressemblent

Travail d’équipe et génie individuel

En y regardant de plus près, il faut constater que vin et rugby partagent de nombreuses caractéristiques et valeurs. Prenons un exemple qui touche, justement, aux effets de la médiatisation : malgré la « starisation » croissante de ces deux univers, le vin ne peut s’élaborer grâce à un seul individu, pas plus qu’un match de rugby ne se gagne uniquement par les éclairs de génie d’un seul joueur. Il faut, dans les deux cas, un travail d’équipe, soudé par un esprit solidaire et tendu vers un seul but. Ceci oblige producteurs de vin, comme rugbymen, à des efforts conséquents et à de la rigueur, mais nécessite aussi, à des moments clés, un grain de folie qui émane du génie individuel pour « faire la différence ». Ces deux domaines impliquent donc connaissance et maîtrise technique, sens de la discipline, santé et solidité physique, esprit d’équipe et fortes individualités, et dépassement de soi en permanence. Le résultat d’un match, comme la qualité d’un vin, peut basculer sur un détail.

L’impondérable, la convivialité et la réglementation

Puis le vin est aussi le fruit d’un dialogue, parfois difficile et au résultat incertain, entre les hommes et la nature. La qualité d’une récolte de raisins, comme la physionomie d’un match de rugby, se trouve régulièrement modifiée, et jusqu’à la dernière minute, par les conditions météorologiques : pluie, vent, température etc. Et la camaraderie engendrée par un tel sport d’équipe entraîne aussi une convivialité forte, qui est aussi celle du monde du vin. Les troisièmes mi-temps jouent les prolongations !

En matière de réglementation, le vin et le rugby sont soumis à un ensemble de règles, en permanente évolution, qui peuvent sembler non seulement d’une complexité effrayante, mais parfois aussi totalement paradoxales pour le néophyte.

Les bleus du vignoble

Des ex-joueurs de rugby issus du monde du vin ou ayant fait une carrière dans le vin, on en trouve dans à peu près tous les pays du vin, et beaucoup en France, à cause de la forte implantation du rugby dans les régions du Sud du pays, là où se concentrent les plus vastes vignobles. Jacques Brunel, ancien entraîneur adjoint de l’équipe de France et de Perpignan, est natif de Courrensan, dans le Gers, où son père était viticulteur et pépiniériste. S’il regrette d’avoir cédé ses vignes, il regarde avec admiration la conversion réussie d’une bonne partie du vignoble gersois, autrefois dédié à l’Armagnac, vers la production de très bons vins blancs. Il souligne la proximité entre le métier de vigneron et celui de rugbyman, que cela soit du côté du joueur ou de l’entraîneur : « il faut faire preuve de patience, remettre sans arrêt l’ouvrage sur le métier. En rugby, que ce soit la solidarité, le partage, le travail en commun, on trouve pas mal de valeurs fortement implantées dans le milieu agricole. »

Jean-Baptiste Lafond, qui a honoré, à l’aile ou à l’arrière, 37 sélections en équipe nationale avec le titre de meilleur marqueur d’essais de l’édition 1991 de la Coupe du Monde, dirige aujourd’hui une affaire familiale de négoce de vins dans le Bordelais. Pieter de Villiers, ancien pilier tricolore d’origine sud-africaine, importe en France les vins de la winery familiale, Darling Cellars, au Nord de Capetown, et est impliqué avec Sylvain Marconnet dans un domaine languedocien (Mas Angel). Fabien Pelous, capitaine historique de Toulouse et du XV de France, a lancé une affaire de négoce à Bordeaux et possède des parts dans un petit château à Saint-Emilion. Jean-Pierre Rive est propriétaire d’un domaine à Corbières et la liste est encore longue…

Stars du vignoble

Autre exemple, celui d’Olivier Dauga, ancien joueur de Cognac et membre de l’équipe de France des armées devenu un des consultants viticoles les plus demandés à Bordeaux. L’occasion de cette conversion lui fut donnée, à la fin des années 1980, par la rencontre avec un grand Monsieur du vin (et ancien champion de tennis), Jean Gautreau, propriétaire de Château Sociando Mallet dans le Médoc. Il a ensuite fait ses classes à Château La Tour Carnet et à Château Rolland de By, avant de travailler en Australie, puis de fonder sa propre affaire de conseil à Bordeaux appelée Le Faiseur de Vin. Dauga est très conscient des liens qui existent entre vin et rugby, et met en exergue le rôle essentiel de l’homme dans les deux cas : « s’il n’existe pas une bonne communication entre le propriétaire et le winemaker, on ne peut pas réussir, pas plus qu’en rugby à XV on ne peut gagner un match sans esprit d’équipe. Motiver une équipe, faire vibrer certaines cordes, est essentiel aux deux activités. Des valeurs, comme ne pas se mentir sur la réalité d’une situation, être capable de se surpasser, savoir travailler ensemble, savoir improviser, je les ai apprises au rugby, et cette éducation me sert beaucoup. Ayant joué en mêlée, je sais qu’il faut commencer par faire le travail de base. Dans le vin, le plus fondamental est d’avoir des raisins sains. »

Autre grande réussite : celle de Gérard Bertrand, joueur renommé et entrepreneur à succès.  L’entreprise qui porte son nom est devenue en quelques années une des références dans le Languedoc-Roussillon. Fils d’un vigneron qui a été un pionnier des vins de qualité à Corbières, Gérard tripote très tôt le ballon et rejoint le club de Narbonne à 11 ans. L’essentiel de sa carrière s’est déroulée dans ce grand club, plus que centenaire, et s’est achevée à Paris en tant que capitaine du Stade Français en 1993/1994. Le décès accidentel de son père en 1987 a précipité sa reconversion dans le vin tout en prenant la présidence de Narbonne pendant plusieurs saisons. Parti d’une petite affaire familiale, le Domaine de Villmajou, Gérard Bertrand est aujourd’hui à la tête de 5 domaines et d’une affaire de négoce qui emploie 80 personnes. 40% de sa production est exportée, et cette proportion est en augmentation constante. Au Domaine de Villmajou, à Corbières, il a ajouté celui de Cigalus, où il vit, Laville Bertrou, en Minervois, Château d’Hospitalet, à La Clape, et  le Domaine de l’Aigle à Roquetaillade au-dessus de Limoux. Et son affaire de négoce couvre l’ensemble de la région, avec une forte implication dans le village de Tautavel, en Roussillon. Gérard Bertrand considère que le rugby lui a appris deux choses fondamentales : l’esprit de compétition, qui implique de ne jamais s’avouer vaincu, et la capacité à jauger les hommes, ce qui lui a permis de gagner du temps. Ce qu’il ne dit pas, mais qui saute aux yeux de l’observateur avisé de ces deux mondes, c’est que sa vision stratégique du jeu, et son habilité avec le ballon, qui furent ses marques en tant que joueur, l’ont certainement inspiré pour construire sa marque de vin.

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Zoom sur un site marchand : Wineandco

On sait ce qu’il advint de l’euphorie des années 90, surtout dans le secteur de la vente de vins en ligne, mais le site à l’époque animé par une équipe de jeunes passionnés a survécu, changeant de main à plusieurs reprises. Wineandco compte aujourd’hui sur deux actionnaires solides, LVMH et Millésima (négociant bordelais très actif sur la vente par correspondance des grands Bordeaux) et affiche un des plus gros chiffres d’affaires du secteur (10 M€ dont 80% réalisés en France).

Le site a bonne presse et répond présent sur les fondamentaux : le stock (200 000 bouteilles dont 80% dans ses chais situés quai de Paludate à Bordeaux) et la logistique, performante. Il n’a donc rien d’un margoulin du web et tient les promesses affichées en s’appuyant sur des approvisionnements sûrs (domaines et négociants) et sur une puissance d’achat qui permet d’afficher des prix attractifs. Les achats en primeur sont ici sans risque.

Le site annonce 5000 références dont un énorme catalogue de Bordeaux, le point fort, et une série de beaux bourgognes (Clos des Lambray, Gouges, Camille Giroud, Bruno Clair, etc). La gamme des vins du Rhône et de Champagne est solide à défaut d’être surprenante, celle des alsaces ou des loires est étonnamment pauvre. De manière générale l’offre est sérieuse, s’appuyant sur des noms bien connus, mais sans originalité, à l’exception des vins étrangers (JJ Prüm en Allemagne, vieux madères, Bargilus rouge en Syrie…). Le site a su adapter son offre en proposant de plus en plus de vins à l’unité avec des possibilités toujours intéressantes de panachage.

Côté interface, on navigue facilement mais le résultat des requêtes est parfois fantaisiste ou décevant. Les commentaires qui accompagnent chaque vin sont brefs mais précis (sauf pour les durées de garde). Sur la foi d’une dizaine de commandes passées, les délais de livraison ont été globalement tenus. Bref, il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce site sérieux et bien placé en prix.

Pour compenser les commentaires dithyrambiques que l'on trouve sur le site wine and co ou les messages d'autosatifaction de ses dirigeants ( le monde économie du 08/11) je peux témoigner d'un manque de transparence de cette société et de professionalisme. Incapacité de livrer une commande ( nature du colis, délais, mode de distribution). Vin proposé sur le site acheté et distribué en réalité par un sous traitant angevin sans grande maitrise de la logistique. De sérieux doutes par conséquent sur le soin apporté par wine and co pour sélectionner les vins comme le dit son directeur général dans l'article précité du Monde "Nous ne sommes pas dans un rapport d'industriel à distributeur. C'est ce qui explique que nous soyons méticuleux dans nos choix. Nous allons à la rencontre des viticulteurs, nous dialoguons avec eux, puis nous procédons à une dégustation à l'aveugle"

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