Jump to Navigation

Leçon n°56: Qu'est-ce qu'un Grand Cru ? (2/2)

Lors de la dernière leçon j’ai exploré l’expression « grand cru », et nous avons vu qu’il s’agissait toujours d’une appellation, inscrite dans les méandres des Appellations d’Origine Contrôlée en France.

Leçon n°56: Qu'est-ce qu'un Grand Cru ? (2/2)

Cela s’applique à la logique parcellaire qui prévaut en Bourgogne ou en Alsace, autant qu’à une logique de « cahier des charges » spécifique, comme à Saint Emilion, que j’ai déjà décrite.

Je vais donc continuer mon « Tour de France des Grands Crus », pour rappeler ces différences régionales dans les dénominations officielles.

D’abord il faut dire que la logique bourguignonne (ou alsacienne) des grands crus implique aussi un cahier des charges plus contraignant que pour des appellations dites inférieures. Le rendement d’un grand cru d’Alsace (il y en a 51 actuellement), par exemple, ne doit pas dépasser 55 hectolitres par hectare (dans la réalité on « tolère » souvent un dépassement, jusqu’à 65 hl/ha), au lieu des 80 hectolitres par hectare autorisés pour un vin d’Alsace qui n’est pas issu d’une parcelle classée en grand cru.

Autre particularité des grands crus d’Alsace : si on mentionne un cépage sur l’étiquette, ce qui est la pratique courante (mais pas obligatoire) dans cette région, ne sont admis en appellation Alsace Grand Cru que les Pinot Gris, Riesling, Gewurztraminer ou Muscat. Petite exception (il y en a presque toujours en France !) : on admet aussi le Sylvaner dans un seul grand cru, le Zotzenberg de Mittelbergheim. La hiérarchie alsacienne des appellations ne comporte donc que deux niveaux, Alsace et Alsace Grand Cru, et la logique de la sélection de ces derniers est parcellaire, autrement dit, basée sur le terroir (qui signifie nature des sols, exposition, et meso-climat). Quant à la partie sol du terroir, il faut remarquer que la complexité de la géologie en Alsace est telle que peu de Grands Crus sont homogènes de ce point de vue. De toute façon, rappelons que les méthodes du culture et de vinification ont bien plus d’influence sur le résultat final que la composition géologique des sols.

La logique bourguignonne est à peu près identique, sauf qu’il y a quatre ou cinq niveaux hiérarchiques, avec les Grands Crus situés au sommet. Puis, en descendant, il y a les appellations « Premier Cru », qui sont aussi des sélections parcellaires, puis les appellations communales (exemples : Nuits Saint Georges ou Vosne Romanée), enfin les appellations sous-régionales (Mâcon ou Côte de Beaune Villages) ou régionales (Bourgogne). Ce qui est aussi particulier à la Bourgogne est le fait que les Grands Crus constituent des appellations individuelles, chacune nommée par son nom de parcelle qui n’est pas lié au nom d’un village, commune ou région. Par exemple, « Chambertin » est l’un des 33 Grands Crus de la Bourgogne. Il est situé sur la commune de Gevrey-Chambertin mais son nom apparaît seul sur l’étiquette. Il en va de même pour tous les autres, même si certains ont parfois des noms composés (comme Latricières Chambertin) et d’autres situés à cheval sur deux communes, comme Montrachet (entre Puligny et Chassagne). Vous voyez qu’en Bourgogne le système est logique en théorie, mais assez complexe en pratique ! Et un Grand Cru est au-dessus d’un Premier Cru.

La prochaine fois, nous parlerons des classements bordelais, qui ne sont pas des appellations, et où un premier cru peut-être au-dessus d’un grand cru. Vous m’avez compris ?

 

Donnez votre avis

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
Veuillez saisir la phrase que l'on voit ci-dessous.