Châteauneuf-du-Pape en 13 cépages, le Domaine du Banneret à l’honneur
Lorsqu’il s’est agi de codifier les pratiques viticoles de l’AOC Châteauneuf-du-Pape, on a logiquement et intelligemment entériné des usages traditionnels répandus sur son territoire, dont le plus significatif était celui des cépages entrant dans la composition des vins rouges et blancs. Pour statuer sur leur choix, on s’est notamment appuyé sur l’étude faite à la fin du XIXe par Joseph Ducos, alors propriétaire d’un domaine déjà célèbre à l’époque, le Château La Nerthe. Ont ainsi été retenues 13 variétés qui, compte tenu de leurs différentes couleurs, forment en réalité un ensemble de 18 cépages. A propos de ce dernier nombre, il faut retenir que le primordial grenache se décline en noir, blanc et gris. Le très marginal picpoul est également dans le même cas, tandis que la clairette, très prisée pour l’élaboration des blancs, se subdivise en clairette blanche et en clairette rose.
L’héritage de la tradition, conjugué à l’expérience acquise depuis l’adoption du décret d’AOC en 1936, a établi une hiérarchie de l’emploi actuel des différents cépages, dans laquelle les grenaches totalisent pratiquement les trois quarts des plantations, dont environ 70 % pour le seul grenache noir. Ainsi, une grande majorité de cuvées agréés en Châteauneuf-du-Pape correspond peu ou prou à cette statistique, laissant entendre que leurs producteurs cultivent tout ou partie des cépages autorisés, puisqu’une entière liberté leur est accordée à ce sujet, conformément au cahier des charges de l’appellation. Cette disposition est d’ailleurs unique dans le concert national des AOC. Cependant, ceux les domaines qui déclarent avoir en culture les 13 cépages ne sont pas légion. Plus rare encore sont ceux qui emploient leur intégralité pour élaborer une même cuvée. Objet de ce propos, le Domaine du Banneret est de ceux-là. Outre cette particularité, il s’honore de pratiquer une méthode de culture ancestrale qui, il faut le reconnaître, est à l’origine de ce qui forge encore de nos jours l’identité des châteauneuf-du-pape : les fameux 13 cépages. Une identité que l’on aime évoquer avec fierté par une métaphore musicale à la hauteur de leur mérite, désignant l’appellation comme « la Symphonie des 13 cépages ».
Pourquoi 13 cépages ?
Ce n’est probablement pas la valeur symbolique attachée au nombre 13 qui a déterminé l’encépagement autorisé en Châteauneuf-du-Pape. D’ailleurs, le nombre effectif des cépages est de 18, comme expliqué précédemment. Cela dit, il est loisible de penser qu’un peu de superstition a joué dans le choix de ce nombre ! Au-delà du chiffre 13, il faut surtout retenir que la méthode qui a présidé à la sélection de ces cépages, celle initiée par Joseph Ducos, était davantage empirique que scientifique. Certes, l’ampélographie était déjà une discipline connue et pratiquée au XIXe siècle, mais la démarche de ce pionnier était d’une autre nature et surtout novatrice. Il s’est en effet attaché à distinguer les différents cépages par une observation de leur comportement doublée d’une approche sensorielle, afin de déterminer l’aptitude de chacun à donner tel ou tel type de vin. En raisonnant dans le contexte d’un vignoble où la complantation était la norme, sa méthode s’inscrivait dans une perspective de complémentarité.
Si, dans son étude, Joseph Ducos a retenu 10 cépages, la règlementation de l’AOC en a ajouté trois autres pour compléter l’encépagement autorisé : le muscardin, le picardan et le terret noir. A leur sujet, mon propos ne s’étendra pas sur les caractéristiques sensorielles propres à chacun d’eux, sur lesquelles on s’accorde généralement, si ce n’est pour insister sur l’indispensable grenache noir. Pivot de la grande majorité des rouges châteauneuvois, il forge leur identité par sa nature généreuse, que des vignerons affectionnent de reconduire en en faisant l’unique composant d’une cuvée, grâce à la liberté laissée par l’appellation quant au choix des cépages. Cependant, pratiquement tous les acteurs associent le grenache à d’autres variétés dans des proportions variables, principalement la syrah, le mourvèdre et le cinsault. Pour ce qui est des autres cépages, ils font office d’appoint et s’ajoutent éventuellement aux assemblages en fonction du type de vin recherché. Il va sans dire que les combinaisons sont multiples, tandis les domaines qui se revendiquent de cette tradition se font un devoir de les employer en totalité, ce qui est le cas du Domaine du Banneret.
Présents à des pourcentages minimes, moins de 1 % pour la plupartd’entre eux, les cépages que l’on pourrait qualifier d’accessoires n’ont justement rien d’accessoire dans leur usage, puisqu’il faut les voir comme des éléments de liaison entre les différents constituants. De surcroît, leur rôle ne se limite pas à cette fonction mécanique, puisqu’ils contribuent, par leur association, à la complexité aromatique de l’ensemble. Plus particulièrement, un apport même marginal de cépages blancs est considéré comme bénéfique aux vins rouges sur bien des aspects. On leur attribue ainsi un gain en fraîcheur d’autant plus appréciable que l’équilibre des châteauneuf-du-pape n’est pas leur point fort sur ce critère. Ils contribuent également à tempérer la sensation de puissance alcoolique qui leur est proverbiale, tout en favorisant des tanins plus aimables. Un élargissement de la palette aromatique à un registre floral à la fois notable et typique est tout autant à mettre à leur actif. C’est ce florilège d’avantages qui caractérise le style brillant du rouge du Domaine du Banneret, présenté dans ce qui suit comme exemplaire de cette pratique.
Le Domaine du Banneret
Ce domaine incarne on ne peut mieux l’identité des rouges de Châteauneuf-du-Pape en élaborant un vin riche des 13 cépages, sans donc en exclure aucun. Il fait ainsi partie du cercle très restreint des producteurs qui tirent parti de toute la latitude permise par la règlementation de l’appellation en matière d’encépagement. Sa singularité ne s’arrête pas là, puisqu’il se démarque de ses pairs par la pratique d’une viticulture ancestrale, en conduisant des vignes en complantation. J’en explique ci-dessous le principe … Bien que datant de 1989, la création du domaine était tout de même ancrée dans un passé pour le moins lointain, celui des aïeux de son fondateur, Jean-Claude Vidal, dont on trouve une trace écrite remontant au XIVe siècle ! De nature successorale, sa reprise a donc concerné une propriété familiale, sauf qu’elle ne produisait plus de vin et se contentait de vendre ses raisins au poids, étant de ce fait était dépourvue de cave. Son vigneron désormais en titre a cependant donné priorité à la reconstitution d’un vignoble en déclin par l’acquisition de nouvelles parcelles, choisissant exclusivement des vignes en complantation.
Exerçant comme architecte et urbaniste, Jean-Claude Vidal a alors ajouté une nouvelle corde à son arc, celle de vigneron, en découvrant à mesure les arcanes d’un métier dont son grand-père l’avait quelque peu initié. Le temps de disposer d’une cave, ses deux premiers millésimes – 1989 et 1990 – ont été vinifiés par ses soins au sein d’un autre domaine, celui d’une figure légendaire de Châteauneuf-du-Pape, Henri Bonnaud. Suivant sa propre intuition, il fit le choix de ne pas dissocier les cépages à la vinification, s’affiliant alors à une pratique très traditionnelle consistant à les faire fermenter ensemble, après les avoir récoltés en même temps. Toujours en vigueur, cet usage a forgé le style de son unique cuvée de rouge, dont le grand naturel d’expression paraît de nos jours comme un reflet d’une tradition bien comprise et sans aspect suranné ni relent de rusticité.
Conscient de bénéficier d’un ensemble de vignes hors du commun, le vigneron s’est donc fait un devoir d’en respecter le fruit à travers un rouge au caractère entier, fidèle et séduisant témoin de tout l’éventail des cépages autorisés sur l’aire de Châteauneuf-du-Pape. Digne héritière du savoir-faire et des convictions chères à son père, Audrey Vidal le rejoint en 2013, et initie avec brio la production d’un blanc, consécutive à l’acquisition en 2015 d’une parcelle consacrée à la couleur. Aujourd’hui vigneronne à part entière, elle assume désormais la destinée du domaine dans un esprit familial, son père étant toujours présent à ses côtés.
L’art de la complantation
L’art de la complantation, ainsi proclamé par le domaine, gagne toute sa dimension lorsqu’il est envisagé dans une logique d’unité, conduisant à vendanger puis à vinifier ensemble l’intégralité de ses fruits. C’est ainsi, dans un strict respect de cette approche, qu’il procède à l’occasion de chaque millésime, produisant le vin qui la reflète, sans correction ni artifice, à l’exception du doigté requis pour toujours procurer de l’agrément.
L’insigne particularité de son vignoble réside donc dans le mode de conduite qui y est perpétué, appelé complantation. Cette pratique viticole consistait à planter différents cépages dans une même parcelle. Elle concerne l’ensemble des vignes à rouge du domaine, à quelques exceptions près. Cela dit, il y avait tout de même de la méthode dans ce principe d’exploitation, en ce sens que l’encépagement traditionnel était respecté, faisant que le grenache primait nettement sur toutes les variétés cultivées. Ainsi au Banneret où il représente plus de la moitié des surfaces plantées, le mourvèdre et la syrah venant à sa suite avec quelque 10 % chacun, tandis que les nombreuses autres variétés se partagent le restant. Parmi ces dernières, les vignes blanches représentent environ 3 % des surfaces.
Il faut également savoir que la complantation sous-entend ce qu’on appelle une plantation en foule, c’est-à-dire sans alignement régulier, les ceps étant indépendants les uns des autres. La taille des vignes ainsi conduites est dite en gobelet. Tous les cépages de Châteauneuf-du-Pape se prêtent au port en gobelet, hormis la syrah, en raison de ses sarments retombants et relativement fragiles, surtout face au mistral qui y sévit avec force. C’est pourquoi les plants de syrah y sont systématiquement palissés, autrement dit maintenues et guidées par des fils de fer. Les syrahs du domaine n’échappent pas à cet usage, et font exception dans son paysage, tout comme les vignes destinées à son châteauneuf-du-pape blanc, elles aussi palissées.
Son vignoble
Ses vignes couvrent seulement 5 ha, et le situent parmi les plus petites exploitations de l’appellation. Elles sont réparties en 9 parcelles dispersées sur plusieurs secteurs géographiques, dans des lieux-dits bien distincts de la commune de Châteauneuf-du-Pape. D’apparence hétérogène, cette configuration permet toutefois de distinguer deux pôles que détermine la nature de leurs sols. Ainsi, celui orienté au sud-ouest est formé de galets roulés, tandis que celui regardant le nord-est est constitué de sables et de calcaires. Cette répartition trouve évidemment une correspondance dans l’expression des vins, que leurs auteurs ont imagée explicitement par une dualité des caractères. « Force et chaleur » sont alors attribuées aux vins façonnés par les galets roulés, tandis que « finesse et élégance » sont les traits marquants de ceux nés des formations sableuses ou calcaires. Toutes ces qualités sont réunies dans l’unique cuvée de rouge du domaine, qui se révèle dès lors une heureuse combinaison des grands types de sols caractérisant le terroir castelpapal. Cette synthèse se renforce de la synergie, non moins convaincante, des fruits de la complantation, afin de contribuer à un tout riche de nuances et harmonieux à souhait.
Son (unique) vin rouge
Après une vendange concomitante de tous les cépages, où les grappes sont laissées entières, on procède à leur vinification par cofermentation, c’est-à-dire en les mêlant dans une même cuve pour les faire fermenter ensemble sous l’action des levures indigènes. Cette pratique présente plusieurs avantages, et sans même entrer dans une explication par trop technique, force est de reconnaître les heureuses incidences d’une telle combinaison, à travers l’expression probante des vins produits suivant cette méthode. A cet égard, le rouge 2023 en offre un exemple resplendissant, même s’il surprend de prime abord par sa robe très claire, rappelant celle d’un pinot noir bourguignon ! L’autre surprise est de taille, s’agissant d’une expression aromatique dont le caractère floral est saisissant, autant par son intensité que par sa grâce, celle évoquée par un parfum de rose. Et si d’autres senteurs apparaissent au gré de son aération, on demeure sur une impression de fusion harmonieuse des arômes sur une tonalité florale persistante. En bouche, on ressent de même un profil particulièrement accompli, qui n’incite guère à le décrire, si ce n’est pour souligner l’élégance suscitée par la fluidité de sa texture et le degré de finition de ses tanins. Ces qualités sont si expressives, qu’elles invitent à l’apprécier en l’état, sans même attendre son plein épanouissement.
Par contraste, le 2022 en appelle à un peu de patience pour pouvoir y prendre pleinement goût. En effet, la nature superlative du millésime y a imprimé sa marque, à savoir un vin plus concentré et plus riche, tel qu’on peut imaginer l’archétype d’un Châteauneuf-du-Pape. Sa couleur profonde et sa densité de matière en témoignent clairement. Pour autant, l’équilibre en bouche y est assuré en sorte de lui épargner toute lourdeur, tandis que son registre aromatique ne reflète aucunement une année solaire et très sèche et dispense une large palette de senteurs évocatrices. Parmi celles-ci, l’accent floral qui s’en dégage n’est pas le moindre indice de l’apport des cépages blancs, et fait penser aux exhalaisons d’une Côte-Rôtie comportant du viognier dans sa composition. Affirmée sans raideur, sa structure frise le palais de son soyeux et paraît garante d’un bel avenir.

Quelques facettes de son terroir
En haut, de gauche à droite > galets roulés – silex – éclats calcaires (lieu-dit « Les Terres Blanches ») >> sables et safres (« Grand Pierre »)
En bas, de gauche à droite > éclats calcaires (« Pied de Baud ») >> galets roulés et grès rouges (« Bois de Boursan »)
(cliquer sur l’image pour l’agrandir et ainsi mieux apprécier la nature de sols)
Dégusté à la suite des œuvres les plus récentes du domaine, le 2011 révèle avant tout l’excellente tenue d’un vin qui porte haut ses 15 ans. Certes, à l’aune des millésimes précédemment cités, quelques signes trahissent une moindre maîtrise du mode d’élaboration. Dans un esprit de probité, je les souligne tout en précisant qu’ils sont loin de ternir le tableau. On perçoit en effet un voile d’acescence en parallèle des arômes, lequel cependant n’altère en rien leur perception. Dès lors, ceux-ci expriment sans entrave la générosité du millésime sans voir entamée leur essence, celle d’affriolants fruits rouges, évoquant la cerise bigarreau, voire la fraise des bois par instants. Loin de se résumer à ces senteurs, le nez libère d’autres sensations captivantes, plus en rapport avec sa richesse intrinsèque et son âge, sous forme de fruit en coulis ou en marmelade. Et pour ne rien gâter, une note florale vient superposer sa suavité à tous ces registres. Si l’équilibre en bouche est celui d’une expression dans sa plénitude, et n’appelle que des compliments, ceux-ci sont tout de même à tempérer en raison de tanins légèrement asséchants qui dérangent quelque peu sa finale. Cette réserve appelle toutefois notre indulgence, un service à table avec des mets adéquats étant susceptible d’en atténuer la perception.
Son blanc « Le Secret »
Bien qu’il ne soit pas le sujet du présent propos, le blanc signé du domaine mérite amplement une mention en raison de son grand style. Celui-ci se fait déjà sentir dans un jeune millésime 2025, dont la richesse naturelle compose avec un fond tonique bienvenu, à même de lui conférer un équilibre proprement remarquable. Par ailleurs, la fraîcheur et la délicatesse des arômes séduisent et invitent à sa dégustation sans délai. Cette tentation au plaisir immédiat mérite cependant d’être réfrénée si l’on se réfère à l’expression somptueuse du 2016, soit le second millésime en date de sa cuvée de blanc. Un vieillissement de dix ans lui a permis de gagner des arômes d’évolution surprenants, qualifiés de terpéniques*, tandis que sa matière a gagné en noblesse avec le temps, se parant d’un toucher mirifique et imprégnant le palais de saveurs d’une rare persistance. Le savoir-faire du domaine en matière de blanc n’a rien à envier à celui qu’il déploie pour son rouge. Cette maestria lui a d’ailleurs valu une fière reconnaissance de ses pairs châteauneuvois pour son 2018, à l’occasion d’un concours plutôt relevé**, ce qui n’est guère étonnant au regard de ce sublime 2016.
* Le qualificatif « terpénique » est employé pour désigner certains types d’arômes, en l’occurrence résineux, sans doute dus à la clairette, très présente dans « Le Secret », à hauteur de 40 %.
** Concours de la Saint-Marc en 2019. Il s’agit d’un concours interne à l’appellation, organisé par son syndicat, qui existe depuis 1968 et consacre chaque année ses meilleures cuvées.
Commentaires de dégustation
Châteauneuf-du-Pape rouge 2023
Nez : suscitant fraîcheur et suavité, il captive par sa nature foncièrement florale sur des fragrances de rose particulièrement expressives, auquel se mêle étroitement un registre gourmand aux inflexions épicées, évoquant des fruits rouges, notamment la cerise.
Bouche : sa rondeur accomplie le doit à un équilibre hors pair doublé d’une matière coulante sans manquer de corps, dont la notable puissance filtre à travers le délice de saveurs pénétrantes, en étroite correspondance avec les arômes. Des tanins fins et particulièrement délicat couronnent on ne peut mieux l’ensemble.
Châteauneuf-du-Pape rouge 2022
Nez : d’un abord peu disert, il libère à mesure un concentré d’arômes définis par des nuances de cuir frais et d’épices, d’où émerge un caractère fruité subtil sur la liqueur de cerise, joliment ravivé par un ton floral.
Bouche : déployé harmonieusement, son volume dénote un équilibre quasi parfait, déliant la sensation de matière en une texture juteuse, et muant sa grande richesse en un goût profond et rémanent où les senteurs transposent leur penchant exquis. Tramés en taffetas, les tanins sont l’indice des grandes promesses à l’heure de son épanouissement.
Leur prix à la propriété : 50 € pour le 2023 et 48 € pour le 2022.
Site internet > ici
Adresse : 35 Rue Porte Rouge, 84230 Châteauneuf-du-Pape
Fidèle compagnon de mes tournées rhodaniennes, mon confrère Jean-Jacques Chevalier m’a accompagné cette fois sur les chemins de Châteauneuf-du-Pape, ce dont je lui suis profondément reconnaissant.
L’auteur de l’article
| Diplômé en histoire de l’art, Mohamed Boudellal est journaliste et consultant en vins. Il a écrit pour la presse spécialisée, principalement pour la Revue du Vin de France et d’autres titres comme L’Amateur de Bordeaux, Gault & Millau et Terre de Vins. Co-auteur dans l’édition 2016 du « Grand Larousse du Vin ». |




Aucun Commentaire