La bouteille (3/3)
Avant l’arrivée du système métrique, à partir de la Révolution, les régions de France avaient leurs propres unités de mesure comme on l’a déjà vu s’agissant des barriques. Ainsi, jusqu’au XIX ème siècle, et même après dans certains cas, les bouteilles n’avaient ni forme ni contenance standard. En Alsace, jusqu’à récemment, les bouteilles, appelées « flûtes », contenaient 70 centilitres. Ce fût aussi le cas ailleurs jusqu’aux années 1970 et dans le Jura une très vieille forme appelée « clavelin » existe toujours pour le vin jaune. Elle contient 62 centilitres, faisant exception à la règle actuelle européenne qui stipule une contenance de 75 cl pour une bouteille.
Les tailles des bouteilles modernes sont peut-être devenues standardisées mais les noms peuvent encore varier d’une région à une autre : le Jéroboam (3 litres) et le Mathusalem (6 litres) en Champagne et en Bourgogne s’appellent double-magnum et Impériale à Bordeaux. Et le très rare Salomon (24 bouteilles, soit 18 litres) est dénommé, quand on le trouve, Melchior en Gironde. L’origine biblique des noms des grands contenants reste mystérieuse. Bien d’autres noms sont utilisés localement, populaires ou poétiques : dans la Meuse, on appelait les bouteilles « voleuses ». Une demi-bouteille est souvent appelée « Fillette » en Val de Loire. A Lyon on connaît le « Pot », dont la contenance était de 46 centilitres mais connaissez-vous la « Désirée » Suisse et ses 50 centilitres, ou la « Grosse Panse » de Liège et ses 1,28 litres ?
Les formes des bouteilles, bien que largement standardisées, ne sont pas aussi figées qu’on l’imagine parfois. Rien n’oblige un producteur de la vallée du Rhône à utiliser une bouteille de forme bordelaise, par exemple. Et les Provençaux sont assez créatifs dans la forme de leur flacons, ce qui rend parfois très difficile le travail du caviste qui essaie de les empiler. La bouteille dite « champenoise » n’est ni une exclusivité de la Champagne, ni obligatoire pour les vins de cette région. Regardez les cuvées spéciales. Même certains châteaux bordelais s’essaient à de nouvelles formes ou plutôt aux formes d’autrefois avec le retour de la bouteille du type XVIII ème siècle (fût évasé et épaule large).








Très bel article !
Voir aussi :
http://www.superbonblog.com/pourquoi/pourquoi-le-vin-est-en-bouteille/
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