Du bon usage du bouchon de liège

Du bon usage du bouchon de liège

Nous sommes tous, plus ou moins, des frustrés du liège en tant que système de fermeture des bouteilles de vin. En gros, et pour simplifier, cela eut marché mais cela ne marche plus très bien…

J’ouvre entre 50 et 200 bouteilles de vin par semaine, dont la grande majorité est obturée par un morceau de liège massif. Outre une proportion variable entre 2 et 5% de bouteilles imbuvables ou sérieusement diminuées à cause du TCA (ce qui est déjà totalement inacceptable), le grand problème avec le liège, selon moi, est la variabilité de l’oxygénation des vins. Dans une caisse de 12 bouteilles d’un même vin, et après 5 ans environ en bouteille, il y a au moins 3 sortes de vin : les bonnes bouteilles, les bouteilles « taiseuses », et les bouteilles fatiguées bien avant leur temps.

Tout cela est pour le moins dérangeant, et je ne comprends pas l’entêtement des consommateurs et producteurs à poursuivre avec cette technique obsolète, et ce d’autant plus qu’une bonne partie de ces derniers sont convaincus de la supériorité de la capsule à vis comme système de fermeture. Mais le client est roi, même quand il a tort et qu’il n’est pas forcément bien informé.

Comme j’ai de la sympathie pour les producteurs de liège, j’étais très heureux d’apprendre l’autre jour que quelqu’un a enfin trouvé un bon usage pour des bouchons en liège : le création de tableaux d’images dont je vous laisse juges… Celui-ci fait partie d’une série de nus féminins (toutes curieusement sans tête !), plutôt bien faits, signés par un dénommé Engelhardt. Chaque tableau emploie, paraît-il, entre 2000 et 5000 bouchons en liège. Je ne les ai pas comptés. Un des nombreux avantages de cet emploi est que la présence de TCA n’a pas d’importance, pas plus que l’oxydation variable. Cela me semble une excellente manière de préserver les forêts de chêne liège et de s’offrir un vrai plaisir sensoriel sans risque. Se rincer l’oeil sans s’abîmer le palais, en quelque sorte.

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