Il faut sauver les orphelins du domaine de Vassal !

Il faut sauver les orphelins du domaine de Vassal !

Propriété de l’INRA, le domaine de Vassal dans l’Hérault abrite la plus large collection de cépages et matériel végétale viticole au monde, soit plus de 7 000 espèces venant de partout. Méthodiquement constitué à partir des années 1876, après le désastre du phylloxéra, il a déménagé en 1945 sur ce site de 27 hectares, situé entre l’étang de Thau et la plage de Marseillan, dont les sols sableux la préservent des maladies. C’est donc un réservoir prodigieux et unique de variétés, certaines orphelines, dont l’utilité actuelle et future est évidente en matière de recherche, de biodiversité, d’expérimentation, de patrimoine et de dégustations à venir. Car pour l’amateur de vins, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, c’est bien de cette collection que naîtront ou renaîtront des saveurs nouvelles ou redécouvertes, tant il parait probable que la recherche de diversité sera l’enjeu du monde viticole de demain.

Or l’INRA envisage très sérieusement son déménagement. Raisons invoquées : une hausse du loyer demandée par le propriétaire du terrain (groupe Vranken) et le classement du site en zone inondable. Alors que d’autres sites plus adéquats avaient été envisagés, la collection pourrait prendre le chemin de Pech Rouge, près de Narbonne. Un choix curieux : la zone a été inondée il y a 15 ans, et les sols ne présentent pas les mêmes garanties pour l’intégrité des plants, nécessitant notamment de greffer l’ensemble de la collection. Un vrai chantier, long (entre 5 et 10 ans pour bien faire les choses), risqué, qui amputerait définitivement la collection de ses plants francs de pied, et autrement plus coûteux pour l’INRA que le loyer actuel. Paul-François Vranken a démenti toute hausse de celui-ci depuis le renouvellement du bail (trentenaire) en 2008, soit 75 000 euros par an, loin d’être effrayant pour l’INRA et son Ministère de tutelle.

Les vraies motivations de l’INRA sont donc à éclaircir. Devant le flou inquiétant de la situation, un collectif de vignerons, techniciens et journalistes se mobilise contre le péril d’un déménagement anarchique et pour la sauvegarde de ce « Louvre viticole». Il précise que « l’état des finances publiques étant ce qu’il est, l’Inra est saisi d’un projet de déménagement du Domaine de Vassal. Les décisions sont imminentes. De l’aveu même des responsables, les risques d’un tel déménagement sont considérables (précipitation, budget insuffisant, désengagement des chercheurs, perte de diversité, simplification du fond botanique, rationalisation…) ». Plus d’informations et la pétition en ligne (à faire circuler) ici : http://www.petitions24.net/defense_vassal.

 

Crédit photo : Vizioz Communication

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