Une appellation contrôlée est-elle une garantie de « qualité » pour le vin ?
Une appellation contrôlée est-elle une garantie de « qualité » pour le vin ?

Une appellation contrôlée est-elle une garantie de « qualité » pour le vin ?

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Maintenant que nous savons qu’un vin n’est pas nécessairement « meilleur » parce qu’il est très cher, que le terroir est bien plus que la terre et ne contribue que pour partie à la qualité d’un vin, ou que la « minéralité » n’existe pas vraiment dans un vin, intéressons-nous à la question des appellations contrôlées.

Les appellations contrôlées en France doivent leur création à la grande pénurie de vin causée par le phylloxera à la fin du XIX ème siècle et aux fraudes massives qui ont suivi au début du XX ème siècle avec des abus de noms connus et des procédures d’élaboration plus que douteuses. Il était effectivement urgent d’y mettre de l’ordre. Autrement dit, à l’origine de cette démarche, il y avait bien une visée qualitative mais aussi une volonté d’établir des garantis d’authenticité et de provenance qui protégeraient producteurs et consommateurs. Pour le producteur il s’agit de protéger la marque collective qui représente un lieu d’origine, associé à des cépages nommés et à un cahier des charges défini avec, par exemple, des limitations de rendements. Cette affaire prenant de l’ampleur, les demandes d’appellations se sont multipliées. Si on examine les territoires de certaines appellations, on peut avoir l’impression que leur délimitation a autant tenu compte d’impératifs administratifs et politiques que d’un réel potentiel des parcelles. Ce n’est pas toujours le cas, mais cela est souvent arrivé comme il est aussi arrivé de créer des appellations voisines qui n’ont aucune différence tangible.

Les appellations contrôlées se sont beaucoup multipliées et représentent plus de la moitié des vins produits en France aujourd’hui. Quand on déguste beaucoup de vins (comme moi depuis 30 ans) on se rend vite compte qu’il y a, un peu partout, les bons vins et les autres. Très peu d’appellations sont d’une grande homogénéité sur le plan de la qualité, et, très clairement, certains vins sont franchement indignes de leur appellation. Car le vin est fait par l’homme et si l’homme en question (à chaque bout de la chaîne) n’est pas exigeant, la qualité ne sera que rarement au rendez-vous. Planter les cépages que l’on vous dit de planter là on ou vous dit de les planter et maintenir des rendements dans certaines limites ne suffisent pas nécessairement à produire un bon vin. Il faut, bien sûr, une météo favorable, mais aussi, et surtout, un bon vigneron exigeant et sachant bien conduire ses vinifications.

Alors à quoi servent les appellations ? Surtout à authentifier l’origine du vin, et c’est déjà beaucoup. Elles sont aussi un moyen de promotion collective. On peut ajouter, éventuellement, l’établissement d’une certaine fourchette de styles de vins qui rendra cette origine plus ou moins identifiable par le consommateur habitué, en dehors de la présence d’un nom sur une étiquette. Mais, dans chaque appellation, il faut aussi accepter que cette fourchette soit aussi large que l’écart qui existe entre les vignerons qui travaillent le mieux et ceux qui travaillent le moins bien. On ne peut pas tout dicter dans une appellation, ce qui rend la notion de « typicité », souvent entendue dans ce contexte, très discutable.

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