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Sud-Ouest

Comme pour la plupart des vignobles français, les Romains ont été les premiers à diffuser la culture de la vigne dans cette région mais c’est aux monastères et aux abbayes que l’on doit le développement d’un vignoble significatif.

Sud-Ouest
Table des matières

Histoire

Certains vins du Sud-Ouest ont rencontré un succès précoce, comme le Cahors qui s’exportait massivement en Angleterre dès le XIII ème siècle. Mais malgré quelques autres réussites commerciales ponctuelles, les vins de Madiran ou ceux de Jurançon par exemple, la région a très longtemps pâti de la domination de Bordeaux qui contrôlait l’accès à la mer et taxait les vins du « Haut-Pays » pour se débarrasser d’une concurrence gênante. D’autres vignobles, très enclavés, ont souffert de l’absence d’axes de communication majeurs. L’intérêt porté aux vins du Sud-Ouest est un phénomène relativement récent. Depuis les années 1980, de gros efforts ont été faits pour améliorer la qualité de la production sans renoncer à exploiter des cépages dont certains constituent une originalité dans le paysage viticole français. Le Sud-Ouest offre aujourd’hui une palette de types et de styles sans équivalent en France et regorge d’excellentes affaires à condition de pouvoir faire le tri.

Géographie

Si l’on excepte le Bordelais dont l’importance nécessite un traitement à part, les vignobles du Sud-Ouest couvrent près de 26 000 ha en AOC, répartis sur une dizaine de départements. La dispersion des appellations sur ce vaste périmètre empêche toute généralisation. On peut distinguer trois sous-régions : les vignobles de la grande périphérie bordelaise, autour de la Dordogne et de la Garonne (Bergerac, Marmandais et Buzet, plus en amont), ceux de la vallée du Lot et du Tarn (Cahors, Gaillac, Frontonnais), et ceux plus méridionaux du Bassin de l’Adour qui regroupe des appellations à forte personnalité comme Jurançon, Madiran ou Irouleguy. En matière climatique, l’Atlantique exerce partout son influence, mais d’autres facteurs, comme l’altitude, peuvent jouer localement un rôle déterminant. Le climat est essentiellement de type océanique, c’est-à-dire tempéré, sauf vers l’intérieur. Les gelées hivernales sont rares et le printemps apporte souvent fraîcheur et humidité. Aux étés chauds et ensoleillés succèdent des automnes très doux qui permettent une bonne maturation, voire surmaturation du raisin. La composition des sols varie évidemment selon les régions mais la plupart des vignes sont installées sur les terrains sédimentaires (calcaire, molasses) d’âge tertiaire du Bassin Aquitain ou sur les alluvions d’origine fluviale, à l’exception de quelques vignobles périphériques comme celui d’Irouleguy, situé sur le piémont pyrénéen.

Cépages et vins

Le Sud-Ouest possède une variété très intéressante de vins : blancs secs ou moelleux et rouges de tous styles. On compte 25 appellations et une palette large et parfois très originale de cépages. Les appellations de la grande périphérie bordelaise ont recours aux cépages girondins voisins (cabernet sauvignon, cabernet franc et merlot pour les rouges, sémillon, sauvignon et muscadelle pour les blancs). Les Bergerac, Marmandais, Duras et Buzet partagent donc un certain air de famille : des rouges moyennement fruités avec des structures plus ou moins tanniques et des blancs dont le caractère oscillera du vif et aromatique au plus puissant et gras. Bergerac offre en plus des liquoreux parfois somptueux, qui sont parmi les plus opulents de France. Les vignobles de la vallée du Lot et du Tarn jouent la carte de la diversité. En rouge, Gaillac offre des vins plutôt légers, souples et épicés issus de cépages locaux ou importés (brocol, duras, syrah, gamay), Fronton utilise la négrette qui donne rondeur et parfum (violette) à ses rouges et ses rosés (parfois très bons), tandis que Cahors doit sa réputation à ses vins « noirs » denses et tanniques issus du malbec (appelé localement auxerrois et parfois côt). Les blancs sont plus rares, mais Gaillac en offre une belle variété : secs, liquoreux ou « perlants » (légèrement pétillants) issus de cépages rares comme le mauzac, le len de l’el ou l’ondenc.

Les appellations du Bassin de l’Adour recèlent quelques pépites : en rouge ce sont les madirans et les irouléguy, denses, austères et de longue garde. En blanc, le manseng est à l’origine des excellents vins de Jurançon et de Pacherenc, qu’ils soient liquoreux ou secs.

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