Escapades Gardoises (6) Château d’Or et de Gueules
A l’orée de la Petite Camargue
Faite en la fidèle compagnie de Jean-Jacques Chevalier, cette 6ème escapade nous a conduit jusqu’à un domaine situé aux frontières de la Petite Camargue, appelée parfois la Camargue gardoise, au sud-est du département. Il faut savoir que la viticulture proprement camarguaise est restée dans les mémoires pour rappeler la tragique époque du phylloxéra, ses sols sableux s’étant alors révélées providentiels pour faire barrage à l’insecte ravageur. Passée cette période productive, le vignoble connut des fortunes diverses pour finir par être reconnu pour sa spécificité sous l’appellation d’origine Sable de Camargue, qui couvre une très large zone littorale étendue sur l’Hérault, le Gard et les Bouches-du-Rhône.
A l’endroit du domaine visité, proche de la petite ville de Saint-Gilles-du-Gard, l’histoire viticole a eu une tout autre résonance, puisque les vins de cette cité étaient, semble-t-il, hautement prisés par la papauté d’Avignon, c’est-à-dire au XIVème siècle. Il faut dire aussi que les sols y sont d’une tout autre nature, formés d’une couche importante de galets provenant des anciennes terrasses alluviales du Rhône. En cela, on pense immanquablement à Châteauneuf-du-Pape et son terroir vertueux grâce à son modelé de galets roulés. C’est pour ainsi dire sur cette terre bénie que s’étend le vignoble du Château d’Or et de Gueules. Situé dans l’aire de l’AOC Costières de Nîmes, il bénéficie d’une climatologie privilégiée du fait des influences d’une mer relativement proche, doublées de celle des étangs à sa proximité, créant des conditions favorables à l’équilibre et à l’expressivité des vins. Autrement dit, leur constitution y gagne en fraîcheur tout comme leur fruit en acuité, des qualités bienvenues sous le soleil méditerranéen. Et c’est avec intelligence et une rare intuition que Diane de Puymorin, sa vigneronne, a brillamment révélé le génie d’un lieu qui végétait dans une production sans relief.
Château d’Or et de Gueules
Cette propriété au nom insolite a été acquise en 1998 par Diane de Puymorin, qui y a apposé son propre sceau, celui de la devise des armoiries de sa famille : « d’Or et de Gueules ». Dès la première année de son exploitation, elle s’attelle à faire valoir les riches spécificités de sa situation, et notamment une géologie dont la strate efficiente est composée de sols profonds de petits galets roulés, aux nombreuses vertus pour la culture de la vigne. Pourtant, à cette époque l’AOC Costières-de-Nîmes n’était pas des plus cotées, aussi y partait-elle vers l’inconnu avec ses propres intuitions et tout de même un diplôme d’ingénieur agronome. Restée toutefois théorique, sa formation a trouvé là un terrain de choix pour vite s’épanouir et lui permettre d’emblée d’en faire l’un des domaines phares de l’appellation. En effet, c’est non sans audace qu’elle s’est attachée à élaborer une cuvée inaugurale mariant ambition et singularité pour sublimer de très vieux plants de mourvèdre, à l’exclusion de tout autre cépage. Baptisé « La Bolida », ce vin rare, produit en petite quantité, est ainsi né en 1998, et continue d’être l’icône du domaine, même si d’autres cuvées analogues sont venues depuis lui disputer son titre. Ces dernières ont donc fait écho à ce début fulgurant, confirmant les promesses du grand potentiel d’un vignoble que Diane a su exploiter avec discernement. Depuis 2020, sa fille Chloé l’assiste activement dans toutes ses tâches avec pour bagage une double formation d’œnologue et d’ingénieur viti-œno, tandis que Mathieu Chatain, son compagnon, s’il a toujours été à ses côtés, il l’a rejointe dans cette belle aventure en 2008.
Le vignoble et ses trésors
D’une superficie respectable, le vignoble s’étend sur 45 hectares au sein d’une propriété qui en couvre une centaine, riche d’autres cultures d’oliviers et de fruitiers. D’autre part, des bois et des prairies contribuent d’autant plus à sa biodiversité que leurs espaces ont été aménagés à cet effet. C’est dire combien l’environnement des vignes est entretenu pour donner tout son sens aux principes culturaux qui ont été adoptés : une conduite en bio depuis 2012 et en biodynamie depuis 2018. Dans cette approche respectueuse de la nature, la notion de terroir gagne en acuité, s’agissant d’alluvions caillouteuses, matérialisées par des galets roulés siliceux sur une couche épaisse de plusieurs mètres. De texture sableuse et avec des argiles pour horizon, ce type de terroir est reconnu pour ses excellentes propriétés agronomiques, sur lesquelles je ne m’étendrai pas, les vins produits ici en étant la meilleure preuve…
La dizaine d’années suivant son acquisition a donné lieu à une restructuration de son parcellaire, avec un arrachage conséquent (environ 20 %) de plants insatisfaisants, tandis que des vieilles vignes ont été l’objet d’un soin particulier. Cela dit, l’identification de ses terroirs a été opérée dès 1998 de manière à segmenter judicieusement leur potentiel afin de l’exploiter au mieux à travers des expressions individualisées. C’est ainsi qu’ont été créées les gammes « Les Cimels » et « Trassegum », coiffées par la prestigieuse cuvée « La Bolida ». Elaborés suivant l’aptitude de leur fruit, ses vins ont alors donné lieu à une pyramide d’expressions étagées suivant un crescendo sensoriel et désignées par des qualificatifs explicites de leur vocation s’agissant des gammes « plaisir » et « gourmandise ».
S’affinant au fil des ans, la connaissance du vignoble a permis d’enrichir sa représentation à travers d’autres vins de haute volée à l’instar de « La Bolida ». Sont ainsi créées successivement des cuvées parcellaires dans la lignée de cette dernière, chacune magnifiant également un cépage : « Castel Noù », dédiée au grenache, l’est en 2009, « Qu’es aQuo », au carignan, en 2011, et « Lou Tresor », à la syrah, en 2022. Entre-temps, en 2012, une cuvée d’exception voit le jour, « La Noblesa », assemblage presque à parité des meilleures syrahs et mourvèdres issus de vieilles vignes, comme d’ailleurs les précédentes. Produites en moindre quantité avec les attentions portées à chaque étape de leur élaboration, elles incarnent avec brio le savoir-faire de la vigneronne ainsi que son talent à mettre en valeur un patrimoine de vignes dont certaines approchent un siècle d’existence !
Biodynamie et musicologie pour une viticulture alternative
Il est admis que les bienfaits procurés aux vignes et à leur environnement par la biodynamie rejaillissent favorablement sur l’expression des vins. A ceux-là, on pourrait ajouter celui dont notre vigneronne témoigne, à savoir un palier de maturité des raisins légèrement inférieur à celui atteint en viticulture conventionnelle. Elle a fait ce constat progressivement depuis qu’elle a adopté ce mode de culture. Ainsi, les degrés acquis par ses vins restent en dessous de ce qui est devenu pratiquement une norme dans le vignoble rhodanien, à savoir une teneur en alcool qui flirte désormais avec les 15 degrés. A titre d’exemples, le rouge 2022 de la cuvée « Trassegum », l’ambassadrice du domaine, titre 13,5 % vol., tandis que « Qu’es aQuo » 2021 fait encore mieux en n’affichant que 13 % vol. Ces chiffres qui se raréfient sur les étiquettes sont pourtant ici synonymes d’une maturité des raisins sans compromis.
Même si les principes fondamentaux de la biodynamie considèrent tous les aspects du vivant et vont au-delà de l’univers terrestre en adoptant le calendrier lunaire pour articuler leurs pratiques, ils n’incluent pas les phénomènes vibratoires aériens. Ceux-ci ont cependant suscité des recherches concernant leurs effets sur les cultures, qui ont abouti au concept de musicothérapie, dont les bienfaits seraient multiples. Son application est on ne peut plus simple, puisqu’il s’agit de diffuser des sons depuis des haut-parleurs installés au cœur des vignes suivant un mode de diffusion discontinu perdant une courte période à certains moments de la journée. Considérée comme une pseudo-science par des scientifiques, d’ailleurs à l’instar de la biodynamie, son action reste controversée, même si ses expérimentations tendent à prouver sa relative efficacité contre l’esca, une maladie du bois pour l’instant incurable par les procédés autorisés.
Plaisir et gourmandise pour commencer…
L’intitulé de la gamme « … ABoire » ne faire guère hésiter sur sa vocation, s’agissant de trois cuvées dans les couleurs canoniques vouées à séduire sans tarder et sans manières. Conçues dans cet esprit, leur élaboration n’entend pas en faire des compromis, mais des expressions à part entière, la biodynamie y étant de règle, pourvue d’une substance plus qu’honorable, où il faut voir des rendements particulièrement faibles pour leur catégorie, de l’ordre de 40 hl/ha. Il n’y a guère que leur dénomination qui situerait la modestie de leur vocation, s’agissant de l’IGP Coteaux du Pont du Gard, un choix délibéré de notre vigneronne, car un statut d’AOC pourrait leur être attribué sans mal. A noter aussi qu’elles ne sont pas commercialisées directement par le domaine, mais par le relais de restaurants et de cavistes.
La série « Les Cimels » représente ce que l’on qualifie d’entrée de gamme du domaine, dont le nom vient de l’occitan cimiè, qui signifie bouquet de fruits. Ce sont donc des expressions privilégiant le fruit sur la matière, avec cependant des qualités de fond propres à amplifier la notion de plaisir. Tel se présente le rouge 2024 où l’alliance de trois cépages régionaux – syrah, grenache et carignan – forme justement un bouquet varié et plaisant, chacun jouant tour à tour sa partition, et que la syrah, légèrement prépondérante, coiffe d’une fraîcheur réglissée. De nature gouleyante, son profil donne malgré tout une impression de finesse, à laquelle concourt des tanins agréablement peaufinés. Du même millésime, son homologue en blanc ne faillit pas à sa fonction désaltérante grâce à une vinification habile du grenache blanc qui en ressort la vivacité, tandis que la roussanne et le rolle y ajoutent de leur gourmandise. Tout comme le rouge, ses qualités en font un vin polyvalent, fait pour être apprécié en maintes circonstances. La gamme se décline encore en rosé, atypique dans le concert des Costières rosés par une proportion importante de mourvèdre, qui l’assure d’une persistance peu commune et élargit d’autant sa vocation
D’autres cuvées s’inscrivent dans la section « plaisir », ainsi celle baptisée fortuitement et non sans humour « Mon Fût c’est du poulet », un rouge tout ce qu’il y a de sérieux, très largement façonné par de la syrah, mais un tantinet irrespectueux des codes convenus de consommation, pour ne pas dire un vin de soif, qui toutefois ne manque pas d’étoffe. Autre rouge dans le même genre, « Parle à Mon Fût », joue également la carte de la gourmandise avec cette fois-ci le cinsault pour carte maîtresse. Inclassables dans l’absolu, ces vins-là sont forcément classés en Vin de France…
« Trassegum » ou des philtres d’amour
C’est également un terme à la consonance étrange qui a inspiré le nom de sa gamme « amour », fort bien choisi car il signifie tout bonnement philtre d’amour en occitan et non pas en latin, comme on pourrait le penser. Et de quoi sont faites ces potions charmeuses ? De ce que l’on peut savoir de la conception de ce duo, s’agissant d’un rouge et d’un blanc de haute volée, il y a par-dessus tout un amour du métier. Plus objectivement, c’est à la source de ces fières signatures de Château d’Or et de Gueules qu’il faut chercher leur primauté. Ainsi, le rouge « Trassegum » puise sa composition dans des parcelles de syrah spécifiques, des mourvèdres qui font « La Bolida » et des carignans à l’origine de « Qu’es aQuo ». L’âge vénérable de ces derniers forgent sa haute teneur, même si la moyenne des syrahs atteint aujourd’hui un âge respectable. Quant au blanc « Trassegum », il doit sa riche substance aux vignes plantées par les soins de Diane, des variétés peu traditionnelles à l’époque. Parmi elles, la roussanne est de loin la plus privilégiée et lui donne toute sa sève, le rolle et le viognier formant un complément judicieux pour environ un tiers de l’assemblage.
Les modes d’élaboration de ces cuvées incarnent la philosophie du domaine en la matière, qui concerne d’ailleurs l’ensemble de sa production, notamment sur le plan des fermentations, accomplies sans levures rapportées, dites indigènes, y compris pour les blancs, une pratique peu répandue. Dans une même approche, les vinifications sont toujours effectuées sans ajouts de sulfites et en séparant les cépages, de manière à optimiser le profil recherché pour chaque cuvée en ajustant au mieux leurs proportions au moment de leur assemblage. Quant à la méthode d’élevage, celle appliquée à « Trassegum » rouge vaut aussi pour des cuvées parcellaires. Elle suit en l’occurrence un protocole alternant fûts de chêne et cuve béton, le passage en fût durant 12 mois dans des contenants ayant préalablement abrité du blanc, de manière à éviter au vin tout contact avec du bois neuf.
Composant majeur (80 % en 2024) de « Trassegum » blanc, la roussanne est fermentée puis élevée peu de temps en grands fûts de chêne neuf de 500 litres, tout comme le viognier, le rolle étant quant à lui élaboré en cuve. Alliant ampleur et raffinement, son millésime 2024 a belle allure, tout en suscitant l’impression d’un équilibre optimal, et s’anime de délices fruités et floraux. La composition de « Trassegum » rouge unit les trois cépages cités plus haut en avantageant sensiblement la syrah (50 %) et en exploitant à bon escient les atouts de chaque variété. Plus particulièrement, le carignan est vinifié en grappes entières afin que son précieux apport ne pâtisse pas de sa nature tanique volontiers acérée. Moyennant cette technique, entre autres, le millésime 2022 prépare son avenir avec des atouts probants, comme une structure bien sentie, tandis qu’un caractère savoureux s’y affirme déjà sur une dominante épicée.
« La Bolida » et autres cuvées « passion »
Ainsi que je l’ai exprimé plus haut, « La Bolida » a été la cuvée inaugurale d’une série de rouges formant la gamme « passion » et qui, tout comme elle, témoignent de la richesse intrinsèque des vieilles vignes dont le domaine était encore nanti lors de son acquisition. Parmi elles, les plus remarquables étaient celle de mourvèdre, un cépage dont les vignerons locaux ont dû s’enorgueillir, puisqu’ils se le sont approprié en le nommant le « plant de Saint-Gilles ». Il faut dire que son implantation partage une proximité de la mer avec son autre terre d’élection, celle de Bandol. En tout cas, Diane ne s’était pas trompée sur ce qu’il pouvait engendrer ici à condition d’y mettre de l’ambition. C’est ainsi qu’est née la cuvée la plus emblématique de Château d’Or et de Gueules, de surcroît dès la reprise de la propriété. Produite en quantité mesurée, « La Bolida » incarne une version hédoniste du cépage si l’on se réfère au rendu d’un 2022 à l’épanouissement précoce tout faisant valoir son potentiel de longévité.
Autre cépage inattendu à ce niveau d’expression, le carignan, sublimé ici sous l’intitulé énigmatique de « Qu’es aQuo », autrement dit « Qu’est-ce que c’est » en occitan. Tout comme dans « Trassegum », le carignan est vinifié en grappes entières selon la technique dite de macération carbonique. De la sorte et à l’image d’un 2021, son produit perd tout ce qui le rendrait disgracieux et gagne des arômes séduisants pouvant rappeler de la cerise kirschée, tandis que son toucher montre patte de velours. Ainsi traité, le profil du carignan tranche avec le caractère rustique qui entache sa considération, et se voit transfiguré en suavité. Efficacement épaulée par un peu de grenache et de syrah, cette cuvée conjure avec bonheur les préjugés peu amène sur le cépage.
Grand classique des vignobles méditerranéens, le grenache a tous les atouts pour briller à l’endroit du domaine, et l’initiative d’en faire un vin à part entière était toute trouvée pour une vigneronne aussi entreprenante. Sa création a d’ailleurs été d’autant plus sensé qu’elle disposait d’un patrimoine de très vieux ceps de quelques 80 ans, plantés forcément à l’ancienne suivant la méthode en gobelet, qui présente bien des avantages sous ce climat. « Castel Noù », voulant dire « notre château », voit donc le jour en 2016, élaboré judicieusement avec une pointe de mourvèdre (10 %), influente à dessein pour le revigorer. Pour résumer l’impression que donne son 2020, je dirais qu’on y retrouve les traits d’un châteauneuf-du-pape, à savoir une générosité faite volupté, avec cependant un supplément de fraîcheur qui y crée une dynamique appréciable dans ce contexte de richesse.
Dans cette déclinaison magnifiée des cépages, la syrah n’est pas en reste. Et si son implantation dans les Costières n’est pas vraiment traditionnelle, elle s’y est acclimatée à merveille, ainsi qu’en atteste « Lou Tresor », qui en rassemble les plus anciens spécimens de la propriété, qui avouent tout de même une soixante d’années. Comme toutes les cuvées « passion », celle-ci bénéficie d’une méthode d’élaboration particulière, en l’occurrence d’une vinification par pigeage* manuel ainsi que d’un élevage en grande jarre de terre cuite. Ces procédés visent à préserver la vitalité et l’intégrité du fruit, des traits distinctifs majeurs de l’expression du 2023.
Bien que les cieux soient souvent cléments à l’orée de la Petit Camargue, il est des années plus fastes que d’autres pour la vigne, ainsi celles qui ont donné naissance à « La Noblesa ». Il s’agit d’une quintessence des mourvèdres qui font « La Bolida » et des syrahs qui façonnent désormais « Lou Tresor ». Elle résulte donc d’une sélection drastique suivant un protocole patient qui consiste en une ébauche en fût de chêne pendant une année, à l’issue de laquelle on décide de son meilleur produit. Celui-ci bénéficie alors d’un an d’élevage supplémentaire, toujours en fût, avant d’être affiné en jarre pour sa troisième année de vieillissement. Au final, guère plus de 1 000 bouteilles ont le privilège de revêtir son étiquette, qui affiche fièrement le blason original associé à la famille de Puymorin. Après avoir été un noble témoin des années 2012, 2015, et 2020, son dernier millésime en date, le 2022, rassemble 2/3 de syrah et 1/3 de mourvèdre pour une expression prometteuse encore en devenir.
* Le pigeage s’opère pendant la fermentation et consiste à enfoncer les matières solides dans le jus en vue d’une extraction homogène et en douceur de tous les composants d’un vin rouge.
Dégustation (tous en AOC Costières de Nîmes)
Trassegum blanc 2024
Nez : Il embaume une fraicheur délicate et marie des subtiles senteurs florales et de fruits blancs rehaussées d’une pointe d’agrumes.
Bouche : on en apprécie l’harmonie et l’élégance, un profil ample ainsi que le toucher onctueux d’une matière où s’expriment des saveurs en écho aux arômes en plus tonique, d’une richesse succulente et finement ponctuées d’amers minéraux.
Trassegum rouge 2022
Nez : veloutée et prenante, son approche allie puissance et fraîcheur sur une dominante épicée qui laisse libre cours à un complexe de fruits noirs-rouges mêlées à un ton réglissé.
Bouche : ample et aérienne, elle témoigne d’un très bel équilibre, avec pour heureuse conséquence une texture comme juteuse, dont le goût sapide et particulièrement persistant combine les senteurs au bénéfice d’une expression épicée. Signe de sa jeunesse, les tanins manifestent leur présence sans excès, sur un trait de noble astringence.
Castel Noù 2020
Nez : dès l’abord, il dégage une sensation d’opulence puis libère à mesure des notes de violette et de baies rouges sur fond d’épices douces.
Bouche : synonyme de fraîcheur, le volume qui l’engendre la déleste de sa nature généreuse pour en souligner ses reliefs et fluidifier sa texture à l’instar d’un coulis. Reprenant la luxuriance du registre aromatique, les saveurs en accentuent le côté friand avant de céder à des tanins encore sensibles, mais aux contours soyeux.
Lou Tresor 2023
Nez : sa jeunesse se perçoit dans la vitalité et les fluctuations qui conditionnent un attrayant bouquet de nature épicée, qui décline à mesure des notes de café, de réglisse et enfin florales.
Bouche : elle se caractérise par une même dynamique, celle née d’une fraîcheur qui la modèle entièrement et harmonieusement jusqu’à en délier sa texture en un filet juteux. Déjà appréciable sur le tempo des senteurs, le goût cède ensuite à une sensation tannique marquée en l’état par une légère mâche.
La Bolida 2022
Nez : épanoui et plein d’agrément, il respire le velouté d’un fruit frais imprégné d’épices avant de répandre des nuances engageantes d’où émane un joli parfum de violette.
Bouche : une sensation d’ampleur conjuguée à un toucher de matière mirifique y crée un équilibre accompli et un contexte propre à se délecter de saveurs salivantes et fidèles aux arômes, tandis que des tanins denses et soyeux parachèvent son expression.
La Noblesa 2022
Nez : il captive par sa nature suave doublée d’un registre profondément épicé, que parcourent de subtiles et affriolantes senteurs de fruits rouges, où vient poindre une note de violette.
Bouche : sa constitution l’inscrit indubitablement sur la trajectoire de la plénitude tant ses qualités sont confondantes et n’appellent que des éloges et guère de commentaires, si ce n’est la mention d’une structure encore présente. Celle-ci, faite d’une trame aux tanins délicats ne fait pas obstacle à l’appréciation d’une texture pulpeuse dont les saveurs se tiennent en retrait à ce stade.
Prix au domaine des vins cités :
> « Les Cimels » rouge 2024, blanc et rosé 2025 : 11 € – « Mon Fût c’est du poulet » rouge 2022 : 14,50 € – « Parle à Mon Fût » rouge 2024 : 11,50 € – « Trassegum » blanc 2024 et rouge 2022 : 15,50 € – « Qu’es aQuo » 2021 (2020 épuisé), « Castel Noù » 2021, « Lou Tresor » 2023 : 20,50 € – « La Bolida » 2022 : 26,50 € – « La Noblesa » 2022 : 39,00 €.
Site internet > ici
Adresse > Chemin des Cassagnes, Route de Générac, 30800 Saint Gilles
A suivre …




Aucun Commentaire