Escapades Gardoises (7) Mas Isabelle
Toujours en compagnie de l’ami Jean-Jacques Chevalier, j’ai continué à parcourir la route des vins gardois, cette fois encore sur l’aire d’appellation Lirac, et pour cause, ses vins méritent une meilleure reconnaissance que l’estime suscitée par leur seul classement en cru. En effet, à l’aune d’un salon récent (1) qui rassemblait une grande partie de ses acteurs, nous avons constaté une qualité d’ensemble réjouissante, tant en rouge qu’en blanc. Les domaines les plus en vue tenaient évidemment leur place, tandis que d’autres plus discrets nous ont surpris par leur niveau d’excellence. Je ne reviendrai pas ici (2) sur les atouts du terroir de Lirac, sauf pour souligner combien il a progressé ces dernières années au point d’avoir de moins à moins à envier à son très illustre voisin d’outre Rhône, Châteauneuf-du-Pape pour ne pas le nommer. Et ce ne sont pas les cuvées d’exception du domaine Mas Isabelle, objet de cette étape, qui démentiront ce qui n’est pas un moindre constat.
(1) « Salon des vins de Lirac » tenu le 21 mars 2026
(2) Voir « Escapades Gardoises (5) … du côté de Lirac et de Tavel » > cliquer ici
Mas Isabelle
Possédant un double statut, pour partie coopérateur et pour partie indépendant, ce domaine a su mettre en valeur avec brio sa propre production grâce à une vigneronne passionnée et inspirée, Isabelle Boulaire. Se prévalant d’une ascendance où la vigne tenait sa place depuis au moins 1585, elle a endossé ce métier en 2003, représentant ainsi la 12ème génération à perpétuer le legs familial. Venue d’un tout autre univers professionnel, elle a ainsi rejoint l’activité qui a bercé le cadre de son enfance, son père ayant été adhérent à une coopérative locale, à Saint-Laurent-des-Arbres. Son grand-père fut d’ailleurs l’un des fondateurs de cette cave dans les années 1930, et même honoré à ce titre. Isabelle a donc repris le flambeau familial en renouant avec une production familiale abandonnée en 1931. Non contente de reprendre cet héritage, elle a mis en valeur un patrimoine de vignes en l’enrichissant judicieusement au profit d’une riche palette d’expressions bien individualisées, pleines d’agrément et d’une fière ambition pour certaines.
Une succession avisée
La reprise des vignes familiales n’a pas été de tout repos pour notre vigneronne, faute de disposer de sa propre cave. Elle a ainsi œuvré à plein temps comme coopératrice jusqu’en 2009, année où elle a élaboré son premier vin, ayant été autorisée à le faire dans le cadre d’un autre domaine, en l’occurrence à Château Manissy, une propriété phare de Tavel. Nommé « Grand Roc », son rouge inaugural reste aujourd’hui son fier ambassadeur dans la couleur, même si d’autres cuvées plus ambitieuses ont depuis vu le jour. Si le fait d’être hébergée a simplifié pour un temps son installation, elle n’a pas ménagé sa peine pour remanier le vignoble, en introduisant notamment des variétés alors absentes de son encépagement, tels la roussanne et le viognier en blanc, et le mourvèdre en rouge. Leur apport a d’ailleurs beaucoup joué en faveur du renouveau du domaine, puisqu’à la source de cuvées parmi les plus remarquables de sa production.
2017 est le second jalon majeur dans la carrière d’Isabelle, puisque sa propre cave voit enfin le jour en plein cœur du village de Saint-Laurent-des-Arbres, à l’emplacement même où ses aïeux élaboraient leurs vins. Équipée comme tout établissement qui se respecte, elle reste cependant de taille modeste, quoique suffisante pour produire la quantité qui est commercialisée, soit une fraction d’un potentiel d’environ 17 ha à l’heure actuelle. Il faut en effet savoir qu’Isabelle continue de livrer des raisins à une coopérative des environs, celle de Roquemaure, notoirement connue sous la marque Rocca Maura. Ainsi, seule une partie des 12 ha en cru Lirac est produite sous l’étiquette Mas Isabelle, ce qui représente, bon an, mal an, entre 4 et 9 ha, la nature de chaque millésime ajouté au contexte de commercialisation décidant des superficies en question. De cela, il faut retenir que le domaine se réserve le droit de faire l’impasse sur certaines années en fonction de ses propres conditions de production.
Terroir et vignes
Le vignoble de Mas Isabelle possède deux des trois types de formations qui font la spécificité de Lirac. On y distingue ainsi des lauzes, désignant les calcaires très fragmentés qui les recouvrent, conférant fraîcheur et minéralité aux vins qu’ils engendrent. Les safres sont les autres constituants de son terroir, s’agissant de sols de texture sableuse réputés pour favoriser finesse et élégance. L’un dans l’autre et au gré des cépages qu’ils portent, ces sols bien distincts sont, la main vigneronne aidant, à la naissance d’une gamme de vins aussi diverse que stylée.
Soucieuse de préserver l’écosystème de tels terroirs et d’optimiser leur potentiel, Isabelle a amorcé il y a peu d’années une conversion en agriculture biologique en s’équipant et agissant en conséquence, mais elle a dû renoncer à regret à ses pratiques pour des raisons personnelles. Cela dit, avant cet engagement, elle avait déjà cessé tout désherbage chimique, une pratique qu’elle maintient aujourd’hui autant que possible, surtout qu’elle veille à préserver la richesse florale de son environnement. Entre autres espèces, celui-ci comprend de la marguerite pyrèthre, une fleur utilisée autrefois comme insecticide naturel. En effet, cette variété de marguerite est connue pour contenir une substance efficace pour cet usage. Elle était d’ailleurs cultivée à l’endroit du domaine et transformée localement jusque dans les années 1970. Son principe actif lui vaut ainsi d’être autorisée en agriculture biologique.
Représentant la moitié des superficies en Lirac, les plantations en vieilles vignes du domaine sont évidemment des variétés traditionnelles, certaines pas loin d’être centenaires, s’agissant de grenache, cinsault et clairette, qu’accompagnent de non moins vénérables carignans, âgés de quelques 60 ans. Peu mécanisée, car plantées en gobelets, leur exploitation a permis d’entretenir leur vitalité jusqu’à nos jours. A côté de ce patrimoine figure l’ensemble des vignes plantées depuis sa reprise, certes encore jeunes comparativement à leurs aînées, mais dont l’enracinement est probant à en juger par les vins qu’elles ont engendrés. Plantés en 2004, les mourvèdres font partie de ces dernières et sont à l’origine de la mirifique cuvée « Les 100 ans de mon père ». C’est également le cas pour les clairettes composant « L’Inattendue », un blanc d’exception qui paradoxalement ne provient pas des plus vieilles vignes du cépage, mais de celles mises en culture en 2013.
Une passion pour les blancs
Préalablement à la présentation d’une couleur que notre vigneronne affectionne, il est bon de savoir que sa gamme en Lirac se décline en trois catégories, chacune en rouge et en blanc et déterminant autant de vocations. On distingue alors les cuvées « Cœur d’Arômes », « Grand Roc », son équivalent « Blanc Roc » en blanc et « Origine de Soie », allant crescendo vers l’excellence dans cet ordre. Les rosés ne sont pas laissés pour compte, l’un collant à l’esprit « Cœur d’Arômes » et portant son étiquette, l’autre davantage conçu pour se régaler à table, baptisé « Hommage ». Cette répartition ordonnée de sa production n’exclut pas cependant la liberté de concevoir des cuvées d’exception, où tout son talent s’épanouit.
Bien que marginaux dans le cru, les blancs occupent ici une place de choix, représentant 1/3 de la production du domaine et formant pas moins de 5 cuvées ! Condimenté de grenache blanc (10 %), « Cœurs d’Arômes » fait la part belle à de la clairette, dont il privilégie le caractère frais pour satisfaire sa fonction désaltérante. Avec des arômes stimulants, subtilement anisés, et un équilibre sur la légèreté, son 2023 se savoure dans bien des situations. Lui faisant suite dans la hiérarchie du plaisir, « Blanc Roc » est la première cuvée en date élaborée dans la couleur, cela depuis 2012, et dont les raisins proviennent d’un site dominé par un relief appelé Grand Roc. Issu d’un assemblage variant au gré des récoltes, le 2021 dégusté provient de vieux grenaches (60/70 ans), auxquels sont associés roussanne, viognier et clairette, à parts égales. Après vinification cépages séparés, l’ensemble est élevé pour un petit quart de son volume en fûts de chêne classique (225 L), vecteurs de son toucher raffiné qui, ajouté à ses qualités de fond, le distingue particulièrement dans le concert des blancs de Lirac. Aujourd’hui à point, ce même 2021 fait valoir l’attrait d’une palette aromatique aussi variée que stimulante ainsi qu’un goût généreux qui ne manque pas de délices. Sensible, sa composante minérale agit à bon escient pour y tempérer un léger penchant chaleureux.
Déjà réjoui par ce début de gamme, notre palais ne pouvait que se délecter de la cuvée « Origine de Soie », une composition très proche de celle de « Blanc Roc », avec cependant davantage de grenache (50 %) et dépourvue de clairette. Elle lui emprunte également le mode d’élaboration en l’appliquant cependant à tout son volume, cela en grands fûts appelés demi-muids, d’une contenance de 500 L. Encore jeune, mais offrant des perspectives prometteuses, son 2023 se distingue par le raffinement aromatique que suscite un boisé en parfaite adéquation avec le fruit. Partie intégrante de son caractère, la puissance n’altère en rien son équilibre et contribue, a contrario, à sa suavité.
Des blancs au superlatif
A la précédente trilogie conçue comme un crescendo vers l’excellence, Isabelle a récemment ajouté deux cuvées de haute expression, chacune riche de sa personnalité. La première en date a été créée en 2023 afin de donner toute leur voix aux roussannes plantées par ses soins, et nommée logiquement et en toute simplicité : « Création ». Orchestrée par ce cépage, elle exprime avec éclat un potentiel de raffinement peu commun, auquel concourent grenache et clairette, présents très marginalement. Comme celle précédemment citée, elle est le fruit d’une vinification et d’un élevage dans un demi-muid qui résume d’ailleurs toute sa production. C’est dire sa rareté. Figurant ci-dessous, les commentaires de dégustation de son millésime inaugural énoncent dans la mesure du possible un florilège de ses qualités, tout en laissant entendre que leur épanouissement est pour demain.
On pourrait faire une même remarque à propos de « L’Inattendue », seconde cuvée méritant le qualificatif d’exceptionnelle et dont la création a été motivée par de magnifiques clairettes de la vendange 2024, pourtant encore jeunes lesquelles la composent presque entièrement. Cependant, c’est paradoxalement une nature minérale confondante qui a façonné son expression d’une manière profonde et si singulière qu’elle dispense en l’état comme des arômes boisés alors qu’elle n’a été aucunement élevée en fût ! Au-delà de cet aspect ostensible, la minéralité a agi avec bonheur sur sa constitution, étant notamment à l’origine de l’insigne fraîcheur qui en a épuré la substance et souligné son caractère exquis.
Des rouges plaisir aux rouges émotion
Alter ego du blanc du même nom, le rouge « Cœur d’Arômes » pourrait se définir comme un lirac de soif et de plaisir tant son style plaisant incite à user de ces termes. C’est en tout cas ainsi que son 2023 se ressent, gorgé d’un fruit gourmand et gouleyant sans manquer d’étoffe. Le grenache y donnant le ton, avec le cinsault et le carignan pour complices, son profil charmeur le doit à un traitement de ses composants en conséquence, dont on ne peut que louer le doigté, s’agissant d’honorer une telle vocation, celle de régaler sans attendre.
L’année 2009 a dont été le jalon initial de ce qui concrétisera avec brio le savoir-faire de notre vigneronne : la cuvée « Grand Roc ». Empruntant son nom au rocher majestueux qui domine ses propres vignes, il s’agit d’un assemblage qui varie au gré de la nature de chaque millésime. Ainsi, le 2019 met la syrah à l’honneur en ne laissant qu’une part congrue au grenache (10 %). Dix ans après son coup d’essai, cette cuvée témoigne d’un coup de maître, tant les qualités y abondent, non pas tant pour satisfaire des critères orthodoxes de grandeur, mais pour répondre avant tout à des vœux épicuriens. Ainsi, malgré le poids des ans, sa robe est encore bien soutenue et le fruit pertinent dans le registre de la gourmandise, porteur des réminiscences d’un millésime gorgé de soleil. En cela, aucun effet d’élevage n’est venu altérer son intégrité première, puisqu’élaboré strictement en cuves. Outre le plaisir qu’il offre à présent, « Grand Roc » 2019 le garantit encore pour quelques années, sa richesse et sa structure sont là pour ça.
D’une tout autre composition, où grenache et syrah jouent au coude à coude, « Grand Roc » 2021 est le fruit d’un millésime moins gâté par la nature et en porte un peu l’empreinte à travers des tanins encore affirmés. A l’inverse, il a tiré le meilleur parti de cette année-là en exploitant son potentiel de fraîcheur au bénéfice d’un tempérament hautement expressif. Ainsi, bien que plus anguleux, son profil s’avère plus dynamique que celui de son prédécesseur, tout en procurant un même délice.
A l’instar de son homologue en blanc, le rouge « Origine de Soie » incarne, à n’en pas douter, la haute ambition de la vigneronne. Il est également l’objet d’une production confidentielle et le résultat d’une sélection méticuleuse des vignes à sa source. Celles-ci rassemblent grenache et syrah à parité, ainsi qu’une part moindre de grenache (10 %). Comme pour le blanc, son élevage est effectué en fût de chêne d’un même contenant, mais sans recourir à du bois neuf pour éviter tout interaction préjudiciable à l’intégrité du vin proprement dit. Cette sagesse dans son emploi s’apprécie dans un 2019, où l’action du bois a agi sans ostentation notable. C’est tout juste si aujourd’hui elle interfère dans des arômes qui laissent ainsi deviner les cépages à sa source. Cela dit, ce type de d’élevage y est pour beaucoup dans l’équilibre et le raffinement de sa texture, sans parler de son rôle dans la distinction qui s’en dégage. Aujourd’hui en voie d’épanouissement, ce millésime splendide a encore de longues et belles années devant lui.
Douée d’une forte personnalité, « Les 100 ans de mon père » est une cuvée élaborée en hommage à son père, qui en a d’ailleurs fait l’assemblage à cet âge très vénérable en 2023. Elle est originale en ce sens qu’elle privilégie largement le mourvèdre, présent dans les trois-quarts de sa composition, le grenache venant en appoint. Élevée en cuve, son naturel d’expression est ainsi préservé, et quel naturel ! Le rendu du fruit y est en effet à la fois intègre et somptueux, tandis que le degré d’achèvement de son équilibre et sa finition inspirent une grandeur qui cependant ne perd pas de vue une haute idée de la séduction. Sur cette dernière notion, l’acuité des sensations que procure son fruit fait immanquablement songer à un cru bourguignon.
Dégustation
Tous les vins commentés sont en AOC Lirac. Les prix mentionnés sont ceux pratiqués au caveau de vente du domaine.
Blanc Roc – blanc 2021
Nez : il exhale la suavité que lui confère une minéralité évanescente, tandis que des senteurs de plantes aromatiques comme de l’aneth séché et des graines de fenouil s’expriment en contrepoint. Au l’aération, viennent alterner des notes subtiles et fugaces, florales (rose) et de fruits blancs (poire).
Bouche : son ampleur dénote un équilibre de choix pour la richesse de sa substance, ce qui lui procure un agréable moelleux. Synthèse succulente des arômes, le goût y est intense et puissant, et persiste très longtemps jusqu’à s’immiscer dans une finale minérale, parcourue de nobles amers.
➤ 14,70 € ou 12,25 € par 6 bouteilles
Origine de Soie – blanc 2023
Nez : il flatte par une noble sensation de fraîcheur doublée d’une alliance harmonieuse de notes vaporeuses boisées et minérales, avant que ne viennent s’y adjoindre des senteurs délicates évoquant des graines de fenouil, florales et de fruits blancs (poire).
Bouche : d’une ampleur fastueuse et d’une élégante onctuosité, elle affiche un caractère généreux bien contenu qui a pour heureux effet d’ajouter de la sensualité à des saveurs faisant pendant aux arômes, à la fois douces et succulentes comme des agrumes. En phase avec son allure, l’aspect minéral la souligne de son soyeux et lui donne de la tenue.
➤ 23,65 €
L’Inattendue – blanc 2024
Nez : il dégage d’emblée une sensation empyreumatique, voire de boisé toasté, qui envoûte et déconcerte. De nature minérale, cette approche évolue progressivement pour laisser poindre une essence fumée à rapprocher de la pierre à fusil, tandis que se fait jour un registre parfumé évoquant la fleur de tilleul.
Bouche : portée par un élégant courant de fraîcheur, elle fait valoir une texture ample et délicate ainsi qu’une riche sapidité, née de saveurs pénétrantes, toniques (agrumes) et florales, et doublée d’un caractère salivant. Sa composante minérale se traduit par une amertume finale positive.
➤ 23,65 €
Création – blanc 2023
Nez : résolument fraîche et engageante, son approche fleure la distinction d’un élevage en fût bien mené et respectant l’expression de senteurs florales douces rappelant de l’églantine.
Bouche : l’harmonie de son profil et son toucher raffiné sont magnifiés par une dynamique de fraîcheur qui agit en outre sur la vitalité de saveurs délicieuses et persistantes où se transpose l’impression aromatique et son boisé manifeste. Son expression se conclue par la signature minérale typique des blancs du domaine.
➤ 23,65 €
Cœur d’Arômes – rouge 2023
Nez : son éclat et sa fraîcheur exaltent le croquant et la gourmandise d’arômes de fruits rouges mêlés (fraise des bois, cerise-griotte), sur un fond d’épices douces et un accent réglissé.
Bouche : joliment esquissée, sa rondeur contient une chair souple dont le goût reprend l’agrément des senteurs, et s’accommode pour le mieux de tanins peu accentués et frais, comme enduits de réglisse.
➤ 12,30 €
Grand Roc – rouge 2021
Nez : très expressif, il séduit littéralement par le velouté exquis d’un complexe épicé d’où émerge des senteurs de baies rouges (cerise griotte) concentrées comme un sirop.
Bouche : ample et d’un toucher délicat, la matière y foisonne à proportion d’un fruit pulpeux aux saveurs puissantes et persistantes, au diapason des arômes. Encore vifs, les tanins y impriment leur légère mâche.
➤ 17,05 €, 14,20 € par 6 bouteilles
Grand Roc – rouge 2019
Nez : saisissant par une gourmandise doublée de l’opulence que suscitent des senteurs épicées mariées à de la cerise noire.
Bouche : dans un état de plénitude, elle s’avère foncièrement savoureuse à travers une texture juteuse douée de saveurs où la nervosité du fruit est manifeste, empruntant au registre des arômes. Encore alertes, des tanins sains et soyeux gagent, à n’en guère douter, son avenir.
➤ 17,05 €, 14,20 € par 6 bouteilles
« Les 100 ans de mon père » – rouge 2023
Nez : d’un charme éblouissant, il prodigue une impression très pure et intense sur des senteurs de fruits rouges alliant cerise-griotte et fraise des bois, à peine mâtinées d’épices douces (paprika).
Bouche : confondant, l’équilibre entre matière et fraîcheur y créé une dynamique harmonieuse qui donne ampleur et délié à son profil, et ajoure sa texture pour la rendre juteuse à souhait au bénéfice d’une expression pleine de vitalité et en parfaite communion avec les arômes. La finesse et le soyeux magistral des tanins parachève avec bonheur cette œuvre épicurienne.
➤ 19,80 €
Origine de Soie – rouge 2019
Nez : il respire un air épicé, profond et voluptueux, sans une once de lourdeur, où s’impriment un léger boisé et des senteurs exprimées avec distinction, fleurant fruits noirs (cassis), violette, réglisse et un écho d’olive noire.
Bouche : d’une parfaite rondeur, son profil dénote un équilibre suprême faisant que sa matière s’y projette avec grâce tout en épousant ses contours. Comme par contraste, le goût y est puissant, pénétrant et captivant sur une heureuse combinaison des arômes. Le velours des tanins vient la couronner avec superbe.
➤ 23,65 €
Site internet > ici
Adresse > 40 Rue du Pont de Nizon, 30126 Lirac
A suivre …
L’auteur de l’article
| Diplômé en histoire de l’art, Mohamed Boudellal est journaliste et consultant en vins. Il a écrit pour la presse spécialisée, principalement pour la Revue du Vin de France et d’autres titres comme L’Amateur de Bordeaux, Gault & Millau et Terre de Vins. Co-auteur dans l’édition 2016 du « Grand Larousse du Vin ». |




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