Châteauneuf-du-Pape à table : le Mas Saint-Louis à l’honneur
Au-delà de l’excellence unanimement reconnue des vins de Châteauneuf-du-Pape, leur confrontation à la table en révèle les singularités bien mieux que la hiérarchie couramment admise, laquelle mérite d’être nuancée. C’est donc la gastronomie, envisagée sous l’angle des accords mets et vins qui constitue le fil conducteur de ce propos. Pour en faire l’illustration la plus concrète, j’ai choisi de prendre place à table, au cœur même de la cave du domaine du Mas Saint-Louis. C’est à la faveur d’un menu informel que ses différentes cuvées se sont exprimées, donnant matière au compte-rendu qui suit. A cet égard, je ne saurais trop remercier Vincent Tramier et Cédric Bourelle, respectivement gérant et responsable d’exploitation du domaine, d’avoir imaginé ce menu en y apportant leur touche personnelle, privilégiant des accords originaux aux associations les plus convenues. Au-delà de cette approche gourmande, mon propos s’attache également à mettre en lumière les vins du Mas Saint-Louis, des expressions où l’épicurisme va de pair avec une fidèle traduction du terroir.
Le domaine du Mas Saint-Louis
Propriété de la famille Geniest depuis plus d’un siècle, ce domaine doit sa fondation à Jean-Louis Geniest, tonnelier et cordier de profession. Il entreprit alors de réunir les premières parcelles afin de créer une véritable unité viticole que ses successeurs agrandirent et aménagèrent jusqu’à former un ensemble cohérent qui couvre aujourd’hui 30 ha, à l’endroit du lieu-dit La Crousroute, situé sur la commune de Sorgues, limitrophe de Châteauneuf-du-Pape. Longtemps conduit selon la tradition et ne produisant qu’une unique cuvée de rouge jusqu’en 2009, le domaine du Mas Saint-Louis échut alors à Vincent Tramier, neveu de Monique Geniest, sa dernière héritière. En sa qualité de gérant, il en remania profondément le vignoble dans la perspective de mieux en exploiter le potentiel, notamment par des replantations réfléchies et en instaurant une production de blancs. Des pratiques viticoles plus respectueuses de l’environnement accompagnèrent cette mutation, prélude à l’engagement actuel du domaine dans une conversion à l’agriculture biologique.
Faite d’un seul tenant, sa configuration est remarquable à l’échelle de l’appellation où la grande majorité des domaines se composent de parcelles souvent dispersées et parfois très éloignées les unes des autres. L’autre particularité physique de son vignoble est sa situation à proximité immédiate de la plaine alluviale du Rhône et de l’Ouvèze, en faisant un terroir à part entière. Là, les sols présentent une dominante sableuse associée à important couvert caillouteux, fait de galets roulés. Moins manifeste, un horizon argileux agit cependant en profondeur et opportunément par endroits. Il va sans dire que de telles dispositions influent sur la personnalité des vins qui y naissent, favorisant avant tout leur finesse et leur remarquable équilibre, dans un contexte de générosité parfaitement assumé. Leur dégustation s’avère, en l’occurrence, particulièrement probante. En effet, forts de telles qualités et, par surcroît, de structures jamais envahissantes, les rouges ne détournent jamais les sens de ce qui fait leur séduction : un fruit riche, subtilement nuancé et exempt de tout artifice d’élevage. C’est pour toutes ces raisons que leur choix s’est imposé pour honorer une table au menu éclectique et inspirant de la gourmandise.

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Une approche épicurienne du vin
La vitrine virtuelle du Mas Saint-Louis, autrement dit son site internet, annonce d’emblée la couleur, pas seulement celle de ses vins, mais surtout celle d’une philosophie, exprimée par cet exergue à l’accent épicurien : « Parce qu’il existe des vins pour chaque évènement, chaque type de cuisine, chaque type d’amis. » C’est donc dans cet esprit qu’il faudrait aborder ses produits, ce que nous avons fait sans toutefois ériger ce leitmotiv comme prétexte à de l’indulgence. En effet, au-delà de l’évident plaisir qu’ils procurent, force est de constater que la facture de ses vins témoigne d’un remarquable savoir-faire et n’appelle que des compliments.
En rouge…
Formée de trois cuvées, la gamme des rouges décline des expressions distinctes selon un crescendo très progressif, où la personnalité prime sur l’ambition. Emblématique du style du domaine, la cuvée « Tradition » est élaborée sans revendication parcellaire, réunissant à ce titre des raisins issus de l’ensemble du vignoble. Malgré la diversité de ses sources, sa constitution ne trahit aucun compromis et souligne sa vocation conviviale, qui invite à l’apprécier dans sa jeunesse. Issu d’une composition classique, dont le grenache constitue l’essentiel (80 %), le 2023 s’écarte de l’archétype du châteauneuf-du-pape traditionnel pour révéler un caractère particulièrement avenant. Le fruit y abonde dans un registre à la fois séducteur et d’une fraîcheur saisissante, en dépit d’un haut degré de générosité, tandis que la structure s’efface tant son intégration est accomplie. Apprécié à sa suite, le 2021 est né dans un millésime moins heureux, dont il se fait pourtant un digne interprète. Ainsi, si une sensation végétale parcourt sa palette aromatique, celle-ci conserve toute sa pureté, dominée par des fruits rouges et ponctuée d’épices douces. Délicate et tactile, sa texture habille harmonieusement le volume en bouche, consacrant l’équilibre d’ensemble. Bien que sensibles, les tanins ne se montrent nullement rebutants, mais ne semblent pas, aux dires de l’équipe vigneronne, destiner ce vin à une longue garde.
Le nom de la cuvée « Les Arpents des Contrebandiers », aussi singulier qu’évocateur, trouve son origine dans une parcelle contiguë à un chemin longeant le Rhône, autrefois emprunté par des passeurs. Sa raison d’être tient à l’expression du fruit que distillent les épaisses strates sableuses constituant son terroir, dont la syrah, bien que minoritaire (10 %) dans l’assemblage, témoigne avec le plus d’éclat. En effet, sa composition demeure largement dominée par le grenache (75 %), auquel s’associent le mourvèdre et le cinsault dans des proportions identiques à celles de la cuvée « Tradition ». Proche de cette dernière par sa composition, elle s’en distingue toutefois par un élevage effectué pour partie dans de grands fûts, des demi-muids de 600 L. Choisi pour accompagner les plats servis, le 2019 témoigne avec brio de la générosité du millésime. Il délivre une expression à sa mesure, celle d’un vin riche, mais qui ne verse pas dans l’opulence et où les indices d’évolution s’interprètent plutôt comme des signes d’un épanouissement accompli. Il en va ainsi de son profil aromatique, davantage épicé que fruité, et agrémenté d’une délicate note de pivoine, qui n’est pas sans évoquer les syrahs des Côtes du Rhône septentrionales. Ses qualités de corps se perçoivent à travers une matière substantielle, tempérée par une texture à la fois tactile et fluide, qui l’affranchit de toute impression de lourdeur, tandis que les tanins font encore preuve d’austérité, sans que leur toucher s’en trouve durci.
A l’inverse du millésime précédent, 2018 fut l’année de tous les malheurs, marquée par une pluviométrie exceptionnelle durant le cycle végétatif de la vigne, favorisant une forte pression sanitaire, dont le mildiou fut la plus redoutable manifestation. Dans un tel contexte, cette cuvée fut paradoxalement la seule élaborée par le domaine, donnant naissance à une expression des plus atypiques : mesurée et plaisante sur le plan aromatique, mais diablement fraîche au palais. Et si ses tanins trahissent la nature du millésime, il n’en demeure pas moins un très respectable représentant.

A lui seul, l’intitulé « Grande Réserve » laisse présager un vin d’exception, le fleuron du Mas Saint-Louis en quelque sorte. Il est ainsi l’objet de tous les soins qu’exige sa noble vocation, à commencer par la sélection de la parcelle et des cépages appelés à le façonner. Pour sa composition, seul le mourvèdre, présent à hauteur de 20 %, a été retenu pour accompagner l’indispensable grenache. A la hauteur des ambitions qui président sa conception, cette cuvée bénéficie d’un élevage mené intégralement en fût tout au long de sa maturation. En voie d’épanouissement, et servi par un grand millésime, le 2017 donne la pleine mesure de sa classe à travers une profondeur de goût qui impressionne. Des épices et un registre floral distinguent avantageusement ses arômes, tandis qu’un trait d’austérité parcourt encore son expression, la relative fermeté des tanins n’y étant pas étrangère. Autre grand millésime, 2020 trouve ici l’un de ses plus éloquents interprètes, mariant avec bonheur séduction, richesse et typicité. Ses qualités n’appellent que des éloges : un profil suave et somptueux, animé de prenantes senteurs de garrigue, une puissance parfaitement assimilée et, par-dessus tout, une harmonie confondante.
En blanc…
La parcelle à l’origine de l’unique cuvée en Châteauneuf-du-Pape blanc était demeurée vierge de toute vigne jusqu’à ce que Vincent Tramier décide de la planter en grenache et en roussanne, il y a une quinzaine d’années. Elle s’inscrit dans le même ensemble de sols sableux qui définissent le terroir du domaine, avec toutefois la présence d’argiles rouges. Son élaboration bénéficie d’un élevage conduit partiellement en fût, dont l’effet concourt au raffinement du 2023, et contribue à y magnifier l’équilibre entre matière et fraîcheur. Fusionnant à merveille les deux cépages, un fruit charmeur renforce encore sa séduction, à laquelle répond une noble amertume héritée de son empreinte minérale. A défaut d’une véritable trame acide, ce dernier caractère constitue un facteur déterminant pour sa pleine appréciation, ainsi que pour son aptitude à de plus vastes alliances gastronomiques.
Mas Saint-Louis produit un second vin blanc, baptisé « La Cerisaie de Louis », issu d’une parcelle d’à peine un demi hectare, dont le nom laisse deviner sa vocation originelle : celle d’un verger. Bien que contiguë à l’aire délimitée de Châteauneuf-du-Pape, sa situation l’en exclut, alors qu’elle partage les mêmes types de sols que le vignoble classé. Aussi son étiquette doit-elle se contenter de la mention, en apparence modeste, de Vin de France. Les cerisiers ont donc cédé leur place au grenache et à la clairette pour donner naissance à une expression où cette dernière, bien que minoritaire (20 %), donne de la voix dans le millésime 2021 en contribuant à son appréciable caractère désaltérant. Pour le reste, le grenache y apporte sa chair pour composer au final une cuvée où fraîcheur et matière s’équilibrent à merveille. Bien que relativement âgé pour un blanc, il n’en conserve pas moins des senteurs stimulantes, herbacées et anisées évoquant les graines de fenouil et d’aneth.
➤ Vous trouverez en annexe (ci-dessous) mes commentaires de dégustation des différentes cuvées.
Accords mets & vins
Pour ce repas informel, particulièrement réussi, toute l’équipe du Mas Saint-Louis s’était mobilisée. Vincent Tramier en fut, pour ainsi dire, le chef, puisqu’il se chargea avec brio de l’exécution du plat principal. Cédric Bourelle endossa quant à lui le rôle de sommelier, fonction qu’il avait d’ailleurs exercée par le passé, tandis que Marie Néraut, la toute jeune maître de chai, incarnait un palais féminin. Vos serviteurs, enfin, se tenaient à leur écoute, entièrement dévolus à recueillir et à retranscrire les impressions de chacun, sans omettre, évidemment, de se régaler !
À table comme dans l’imaginaire collectif, le rouge de Châteauneuf-du-Pape demeure volontiers associé à une cuisine gastronomique des plus classiques, sinon quelque peu surannée, où le gibier occupe une place de choix. Par leur style traditionnel, volontiers opulent et parfois un tantinet rustique, certaines expressions actuelles de rouges appellent naturellement de tels mariages. Si ceux du Mas Saint-Louis ne relèvent pas de ce profil, leur constitution n’en a pas moins permis de faire honneur à un accord aux accents nostalgiques autour d’un authentique gibier. Cela étant, leur style plus policé a trouvé davantage à s’exprimer au fil d’un repas sans cérémonie, qui constitue aujourd’hui l’approche gastronomique de nombre de nos contemporains. L’accompagnement des services d’une carte dans l’air du temps nous a ainsi permis d’apprécier l’étendue de leurs aptitudes. L’énumération qui suit en témoigne fidèlement.
Amuse-bouches
L’un des préludes au repas fut une tapenade noire servie sur un croûton de pain grillé. Si cette préparation figure parmi les grands classiques de l’apéritif, elle met volontiers les vins à l’épreuve tant l’intensité de ses saveurs est affirmée. L’olive noire en donne déjà la mesure, sans compter les anchois et les câpres, qui concourent eux aussi à sa puissante personnalité gustative. Revêtant pour l’occasion les habits de sommelier, Cédric Bourelle préconisa « Les Arpents des Contrebandiers » pour l’accompagner. A priori déconcertant, ce choix se justifiait par une palette aromatique d’où émergeait précisément une note d’olive noire, sans doute imputable à une syrah particulièrement expressive. En outre, la vivacité du 2018 plaidait en faveur d’un tel choix, qui s’avéra effectivement convaincant, a fortiori lorsque la tapenade était savourée sans son croûton. Au-delà de la pertinence de cet accord, ce fut également l’occasion d’apprécier la nature digeste de ce millésime.
Autre accompagnement a priori incertain avec un rouge de Châteauneuf, la coppa a trouvé un digne partenaire en « Les Arpents » 2019. Une réussite somme tout logique quand on sait les racines méditerranéennes de cette spécialité. Cela dit, l’alliance avec un pâté en croûte fut moins heureuse. Mis à l’épreuve dans cette circonstance, les blancs ont vu leur texture amaigrie par l’effet du gras de cette charcuterie pâtissière, sans que l’accord devienne pour autant discordant.
Entrées
Spécialité charcutière plus élaborée, la caillette a, quant à elle, ouvert de nouveaux horizons à cette couleur. Servie froide afin d’en atténuer la sensation de gras, elle s’est harmonieusement accordée au Châteauneuf blanc, donnant naissance à une alliance aussi savoureuse que gourmande. Quant aux légumes qui entrent dans sa composition, ils ne pouvaient espérer meilleur révélateur que « La Cerisaie de Louis », qui les sublimait au point de leur conférer une fraîcheur insoupçonnée, évoquant celle de crudités.
Le premier mets servi chaud fut un poulet au citron façon tajine. Appelant a priori un vin blanc, ce fut pourtant une légère déconvenue de constater que ni le Châteauneuf blanc ni « La Cerisaie de Louis » ne furent parfaitement à l’aise face au caractère acidulé du plat, se révélant, en l’occurrence, trop accentué. Les rouges ne furent pas conviés à l’expérience, leur puissance et leur tempérament épicé auraient pris le pas sur la délicatesse de cette recette.
Plat principal
Il en alla autrement avec le cœur de nos agapes : une daube de sanglier escortée d’une polenta grillée, un mets qui offrit aux rouges un terrain d’expression à leur mesure. Pour la petite histoire, le cuissot de sanglier a été le fruit d’une chasse menée sur le Domaine de Coste Chaude, à Visan, où Vincent Tramier officie comme vigneron. Sans être lui-même chasseur, il n’en a pas moins été l’artisan talentueux de ce plat de terroir. Dans ce concert épicurien, le premier rôle revint à la cuvée « Grande Réserve », et plus particulièrement à son millésime 2017. En effet, Cédric Bourelle justifia ce choix en estimant qu’un plat d’une telle richesse appelait un rouge déjà évolué, en écho à des saveurs patiemment mijotées. Cela se vérifia d’ailleurs avec le 2020, un vin dont la somptuosité et l’éclat du fruit captèrent les sens au détriment de la pleine appréciation de la succulence du plat. Ces deux millésimes ont ainsi ouvert un débat parmi les convives, qui a trouvé une sorte de dénouement par le service de la cuvée « Les Arpents » 2018, dont le profil atypique offrait une alternative pertinente. Déconcertante de prime abord, son allure fougueuse trouve ici à s’épanouir dans un accord de complémentarité, la muant en un vin de soif noble et opportun pour accompagner la générosité de la daube.
Fromages
Choisis avec pertinence pour s’écarter un peu des grands classiques des plateaux à formages, un Saint-Nectaire et un Saint-Félicien, affinées à point, ont largement confirmé l’aptitude des vins blancs pour accompagner ce moment d’un repas. Ainsi, qu’il s’agisse du Châteauneuf blanc ou de « La Cerisaie de Louis », l’un comme l’autre ont brillamment rempli cet office, dissipant jusqu’à la moindre interrogation sur la question ! Conseillé avec justesse pour satisfaire un tel accord, le rouge « Tradition » 2021 s’est effectivement révélé des plus seyants, là où l’on pouvait a priori douter d’un tel mariage avec des fromages aussi typés. Dans ce millésime, cette cuvée s’est laissée savourer avec une remarquable aisance, sans jamais céder sur sa personnalité, laissant apprécier sa finesse et le délice de ses fruits rouges. Son 2023 s’est avéré tout aussi convaincant, sans que soient sacrifiés son charme précoce ni sa folle séduction malgré l’empreinte rémanente laissée au palais par des fromages goûteux.
Commentaires de dégustation
Vin de France – blanc 2021 – La Cerisaie de Louis
Nez : malgré son âge, il exhale avec une remarquable fraîcheur un registre singulier mariant des senteurs d’anis étoilé et graine d’aneth, auxquelles s’agrège une note discrète évoquant de la poire.
Bouche : sa parfaite rondeur témoigne d’un équilibre tout aussi accompli, qui confère de l’élégance à une matière légèrement onctueuse. Les saveurs restituent avec intensité le registre aromatique en lui instillant de la succulence, tandis qu’une trame minérale souligne la finale d’une tension aussi discrète que salutaire.
9,50 €
Châteauneuf-du-Pape blanc 2023
Nez : il s’en dégage une saisissante distinction, rehaussée par une parure boisée du plus bel effet. Son expression demeure toutefois en devenir, oscillant entre d’envoûtantes et délicates senteurs florales et de subtiles notes fruitées où la nèfle vient à l’esprit.
Bouche : son volume, conjugué à sa dimension tactile, crée un admirable effet de relief. Persistantes à souhait et appelées, elles aussi, à gagner en définition, les saveurs reprennent le charme aromatique sans être trop affectées par le boisé ni par la générosité qui caractérise l’ensemble. Elles distillent ainsi des notes sapides et salivantes, qui animent une finale où la minéralité s’exprime par de nobles amers.
39 €
Châteauneuf-du-Pape rouge 2023 – Tradition
Nez : sur un tempo épicé, sa jeunesse s’exprime avec fougue à travers un registre dominé par la réglisse, auquel viennent s’ajouter des notes tout aussi éloquentes de café arabica, de cuir frais, voire de garrigue.
Bouche : son ampleur et sa chair abondante s’accordent harmonieusement pour engendrer une texture juteuse, dont les saveurs transposent fidèlement la vigueur des arômes. Des tanins fins et parfaitement assimilés parachèvent l’ensemble avec l’heureux concours d’une sensation finale énergique et rémanente, faisant écho au registre olfactif.
29 €
Châteauneuf-du-Pape rouge 2018 – Les Arpents des Contrebandiers
Nez : engageant par son tempérament frais, exprimé par un courant herbacé, il charme aussi par la partition subtile que jouent à l’unisson épices et garrigue, avant d’intriguer par des notes d’évolution, variant entre des senteurs de fruits écrasés, à l’image de la figue, et celles de sous-bois.
Bouche : son profil longiligne suscite une impression de fraîcheur, également ressentie à travers un fruit exalté par des saveurs acidulées aux accents de griotte. Cette sensation contribue à délier la matière en une texture gracile et juteuse, particulièrement digeste. Assortis à son profil, des tanins légers émaillent l’ensemble de leur léger mordant, qui se confond avec bonheur avec la nervosité du fruit.
42 €
Châteauneuf-du-Pape rouge 2020 – Grande Réserve
Nez : après des notes organiques pouvant évoquer le sous-bois, son approche évolue progressivement vers un bouquet suave et concentré, associant des épices douces, comme du paprika, et effluves de garrigue.
Bouche : elle comble les sens par son profil tout en plénitude et par le raffinement de son toucher. Les saveurs font écho aux arômes et dispensent un rare plaisir gustatif, dans un concert de générosité parfaitement orchestré. Par ailleurs, le velours des tanins témoigne d’un savoir-faire magistral et contribue au remarquable degré d’achèvement d’un millésime qui n’a pas encore tout dit, mais qui se laisse déjà savourer en l’état.
53 €
Les dégustations ont été effectuées du 10 au 15 juillet 2026.
Site internet > ici
Adresse : 28 avenue du Baron Le Roy, 84230 Châteauneuf-du-Pape
Fidèle compagnon de mes tournées rhodaniennes, mon confrère Jean-Jacques Chevalier m’a accompagné cette fois sur les chemins de Châteauneuf-du-Pape, ce dont je lui suis profondément reconnaissant.
L’auteur de l’article :
Diplômé en histoire de l'art, Mohamed Boudellal est journaliste et consultant en vins. Il a écrit pour la presse spécialisée, principalement pour la Revue du Vin de France et d'autres titres comme L'Amateur de Bordeaux, Gault & Millau et Terre de Vins. Il est co-auteur dans l’édition 2016 du Grand Larousse du Vin.



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