Le coût de production d’un vin (1/2)
Le coût de production d’un vin (1/2)

Le coût de production d’un vin (1/2)

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Les écarts entre les prix de vente des vins sont parfois très importants, même pour des vins issus des mêmes cépages et d’une même région. Quelles peuvent être les différences de coûts derrière ces écarts de prix ? Peut-on les mesurer et est-ce que les prix de vente sont justifiés au regard des investissements consentis pour améliorer la qualité d’un vin ? Ce sujet est complexe mais ces questions méritent des réponses car elles concernent presque tous les consommateurs de vins.

On peut dire que, pour des vins vendus en dessous de 4 à 5 euros, le prix exact d’une bouteille reflète assez fidèlement son coût de production, sauf cas de déstockage à perte. Pour prendre un exemple concret, dans une appellation en Languedoc et chez un producteur de qualité, le coût de production d’un kilo de raisin est d’environ 1,4 euros, tandis qu’en vin de pays, avec des rendements parfois 3 fois supérieurs, ce coût peut chuter à 20 ou 30 centimes sur un domaine mécanisé.

Entre 5 et 10 euros, on peut dire que le prix commence à refléter des différences de coûts liées à des modifications dans le processus de production, elles-mêmes destinées à améliorer la qualité d’un vin. Cela peut être des cépages plus rares ou en demande, des rendements plus bas ou un élevage partiel ou total sous bois, par exemple.  Tous ces éléments peuvent venir alourdir le coût de production, comme peuvent aussi le faire le choix de bouchons plus coûteux, de bouteilles plus lourdes, ou d’autres éléments liés à la présentation du vin. La région de production va aussi jouer un rôle important dans le coût, car il est clair qu’un pinot noir en appellation Bourgogne coûtera plus cher qu’un colombard en Côte de Gascogne, par exemple, à cause de la renommée, d’une offre plus ou moins large et de conditions de production différentes. On pourrait aussi comparer les même cépages dans deux régions différentes : en coût de revient, un chardonnay en appellation Chablis vaut à peu près le double d’un chardonnay en Pays d’Oc. Pour prendre des cas extrêmes et comprendre la difficulté de comparer des vins uniquement par leur prix, un vin de Bourgogne à 7 euros est une entrée de gamme, tandis qu’un vin chilien à ce prix appartient déjà à la catégorie premium.

A partir d’environ 10 euros, d’autres éléments entrent en ligne de compte comme le positionnement de la marque ou de la cuvée et la demande suite à une réputation anciennement ou fraîchement acquise. Il est difficile de soutenir que le coût de production d’un vin (sauf pour les vins liquoreux) puisse dépasser 10 euros. Là où l’offre se raréfie et la demande monte, les prix peuvent grimper bien au-delà, mais sans que cela ne coûte nécessairement plus cher au producteur. Il y a un autre facteur à intégrer, qui est le coût du foncier dans les vignobles prestigieux.

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