Leçon n°79: Le gamay
Leçon n°79: Le gamay

Leçon n°79: Le gamay

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Dans cette leçon, nous parlons de l’unique cépage utilisé pour la production de tous les vins rouges du Beaujolais : le gamay.

Une autorité mondiale sur les cépages, Pierre Galet, cite une trentaine de variétés de gamay, dont beaucoup n’ont pas de lien de parenté avec l’ancêtre bourguignon. Bizarrement il existe une variété plantée aux Etats-Unis connue sous le nom du Gamay Beaujolais. Cela est probablement un témoignage du fait qu’à la fin du XIX ème siècle et au début du XX ème, certains crus du Beaujolais (Fleurie, Moulin à Vent, etc) se vendaient au prix des crus de Bourgogne et qu’aux Etats-Unis notamment il était d’alors d’usage de s’approprier des noms européens faisant référence. En réalité cette variété n’est pas du gamay mais un cépage du sud-ouest nommé Abouriou (ou peut-être un clone inférieur du pinot noir). Encore un cas d’erreur d’identification, ou bien le fait de pépiniéristes peu scrupuleux.

Revenons au vrai gamay, parfois appelé gamay noir à jus blanc, pour le distinguer de variétés à chair rouge comme le gamay de Bouze que l’on peut encore trouver en Touraine. Le gamay a, comme d’autres variétés anciennes, beaucoup de synonymes, et était, avant le phylloxera, bien plus planté en France qu’actuellement : plus de 150 000 hectares contre moins de 40 000 aujourd’hui. Il est d’origine bourguignonne et a les mêmes parents que le chardonnay, c’est à dire le pinot noir et le gouai blanc (un cépage grossier, très planté jadis et quasiment disparu aujourd’hui mais qui a laissé une très belle descendance). Son lien de parenté avec le pinot noir n’est pas anodin, car les meilleurs vins du Beaujolais évoquent parfois des pinots noirs (on dit traditionnellement qu’ils « pinotent »).

Son cycle végétatif est précoce, ce qui en fait un cépage bien adapté aux climats frais malgré les risques de gelées de printemps. Il a tendance à être généreux en rendement mais, sur des sols peu fertiles comme ceux des coteaux des crus du Beaujolais, il peut donner des résultats remarquables. Si, pour faire un Beaujolais Nouveau, il est vinifié avec un processus court qui utilise une technique de vinification adaptée (la macération carbonique) à la production de vins légers, il peut être très différent quand il est vinifié à la bourguigonne, y compris avec une maturation totale ou partielle en barriques. Il est sensible au site viticole, comme peuvent en témoigner les différences entre un Fleurie et un Chiroubles, par exemple.

Le coeur du gamay se trouve indiscutablement en Beaujolais, où il est l’unique cépage rouge et couvre quelques 22 000 hectares. On le trouve aussi en Bourgogne, dans la Haute Loire et le Centre Loire : Coteaux du Lyonnais, Roannais, Forez, Auvergne, Saint-Pourçain, Châteaumeillant, Giennois, Vendômois, Cheverny, Touraine. Mais aussi dans le Sud-Ouest, à Gaillac par exemple, et en Savoie.

Mais on ne peut pas dire que le Gamay ait connu une grande carrière internationale ! Il en existe un peu en Californie, au Canada, en Italie du Nord, en Croatie et en Serbie, mais c’est probablement en Suisse qu’il est le plus intéressant, souvent assemblé avec du Pinot Noir (dôle) comme c’est le cas pour le Bourgogne Passetoutgrains.

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