Le carignan (92)
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Le carignan est encore le plus planté des cépages du Languedoc, même si des milliers d’hectares ont été arrachés depuis 1980.

A partir de la fin du XIX ème siècle et jusque dans les années 1960, sa capacité à produire de gros rendements (200 hectolitres par hectare et au-delà) l’a rendu très populaire auprès des vignerons languedociens. Il faut se rappeler la situation à ces deux époques. Au début du XX ème siècle on sortait du phylloxera et la France manquait de vin. Dans les années 1960 il fallait produire beaucoup de vin de base pour remplacer les vins d’Algérie (rappelons que, dans les années 1950, l’Algérie exportait plus de vin que la France et comptait 140 000 hectares de carignan !). De façon plus surprenante, le carignan a continué à progresser bien au-delà de cette époque, et ça n’est qu’au tournant du XX ème siècle qu’il a été doublé par le merlot.

Il est vrai que le carignan est parfois capable de produire de très bons vins, mais cela semble être le cas uniquement sur des sites aux sols pauvres avec des vieilles vignes bien tenues et dont on limite le rendement. On en trouve des exemples en Roussillon, en Languedoc et dans la région de Priorat en Espagne. Mais ces exceptions ne suffisent pas à faire de moi un grand amoureux de cette variété, car ses défauts sont assez nombreux.

Il peut être extrêmement rustique en goût, avec des tannins sévères, une texture rêche, une acidité forte et une tendance à la réduction qui se traduit par des arômes de type animal. Et, curieusement, cela ne s’arrange pas vraiment avec le temps, car le fauve en lui a tendance à se développer ! Donc si vous voulez trouver un bon carignan, cherchez-en un fait à partir de vieilles vignes et par un vigneron méticuleux, puis buvez-le quand il est relativement jeune (entre 3 et 6 ans, ce qui est une fourchette assez étroite !). Sur le plan agricole, il est sensible aux maladies et mûrit tardivement. On peut, bien sûr, gommer une partie de ses défauts en l’assemblant, ce que l’on fait dans beaucoup d’appellations du Sud : avec du grenache, du cinsault (dont je vous parlerai la semaine prochaine) ou de la syrah, entre autres.

Ce cépage vient très probablement d’Espagne, et peut-être de la région d’Aragon. On l’appelle carinena là-bas (et carignano en Italie, et plus spécifiquement en Sardaigne) mais il a régressé beaucoup plus rapidement dans son pays d’origine qu’en France.

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