Délit de faciès pour le rosé de la Bégude

Délit de faciès pour le rosé de la Bégude

Le domaine de La Bégude, l’une des belles adresses de l’appellation Bandol (Provence), a vu, une nouvelle fois, l’un de ses rosés recalé lors de son passage devant la commission d’agrément pour cause de « non typicité ». Un mot d’explication : un vin revendiquant une AOC doit au préalable passer l’épreuve d’une dégustation organisée par l’appellation qui donnera ou non son agrément. Sont recalés les vins présentant un défaut (flagrant) ou un caractère jugé pas assez « typique » de l’AOC.  Par « typique », il faut comprendre « ne s’écartant pas trop de la moyenne d’un style défini comme représentatif avec tout ce que cela peut avoir d’arbitraire et d’appauvrissant ». S’agissant de Bandol, un rosé « dans la moyenne » serait un rosé de Provence avec un peu plus de matière, de couleur et de structure. Un peu plus mais pas trop, c’est ce qu’a pu vérifier Guillaume Tari, le propriétaire de La Bégude, dont le rosé a été banni pour délit de sale gueule : trop de couleur. Il a donc rejoint le glorieux bataillon des recalés des AOC et des néo-« vins de France » (anciens vins de table). Le domaine n’aura pas de mal à le vendre mais ses propriétaires sont pour le moins amers de devoir se priver du nom de Bandol qu’ils contribuent largement à promouvoir par la qualité irréprochable de leurs vins. Pas question de plier, d’où le nom de cette cuvée (L’Irréductible) haute en couleur, puissante, chaleureuse, et délibérément taillée pour la table. Pour amateurs de belles sensations fortes et de rosés de gastronomie.

 

Crédit photo : La Bégude

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