Les vins blancs de Pessac-Léognan, millésimes 2007 et 2008

Les vins blancs de Pessac-Léognan, millésimes 2007 et 2008

Pessac-Léognan produit les vins blancs secs les plus prestigieux du Bordelais.

Lorsqu’on pense aux vins de Bordeaux, on voit la couleur rouge. Il est vrai que cette couleur constitue bien 85% de la production actuelle. Mais on oublie souvent qu’il y a peu, la majorité des vins de cette région étaient blancs. Certes, la plupart des ces vins étaient doux ou moelleux, comme ceux du Sauternais et de ses environs aujourd’hui. C’est la région située entre le Sauternais et la ville de Bordeaux, appelée Graves en écho à ses sols constitués de graviers déposés par la Garonne à travers les époques, qui produit les vins blancs secs les plus prestigieux de Bordeaux.

A travers l’histoire viticole complexe qui est celle du Bordelais, plusieurs tentatives de « classer » une partie de la production ont été entreprises, dans un but de guider les consommateurs. De tels efforts pour figer un tableau nécessairement évolutif des qualités relatives et des réputations sont vains. Néanmoins ils ont des conséquences, notamment financières, pour les châteaux ayant eu la chance d’être classés. Car un vin classé peut se vendre plus cher qu’un vin non-classé.

Des classements pour certains vins de Graves ont eu lieu en 1953 et 1959. Vins blancs et vins rouges furent classés à part, quelques domaines ou châteaux recevant la distinction pour une des couleurs, d’autres pour les deux. Puisque les « classés » se trouvent concentrés dans la partie Nord de la région des Graves, certains producteurs ont considéré que cela méritait la création d’une appellation distincte. Ce qui fut fait en 1987 avec la naissance du lourdement nommé Pessac-Léognan, qui me fait toujours penser à une ligne d’autobus (ou, pour être à la mode, de tramway). Le nom provient de deux villes/banlieues qui touchent le périmètre Sud de Bordeaux.

Il est indiscutable que cette appellation produit, avec peu d’exceptions, les meilleurs vins blancs secs du Bordelais et également ceux possédant la meilleure longévité. Il est vrai que les prix de vente relativement élevés de ces vins aident dans le maintien de ce niveau qualitatif. J’ai décidé, récemment, de mettre à l’épreuve d’une dégustation à l’aveugle une série de ces vins issus de deux millésimes récents : 2007 et 2008. La cinquantaine d’échantillons était organisée en 4 séries, par millésime d’abord, puis selon le fait d’être classé ou pas. Cette dernière séparation était réalisée à la demande des crus classés. Personnellement je les aurais mêlés dans une seule série. D’ailleurs les crus classés ne m’ont pas semblé meilleurs que les autres lors de la dégustation.

Tous ces vins sont parfaitement secs sur le plan de leur style. Les différences proviennent de nuances dans les méthodes de production ou dans les cépages employés. La variété traditionnelle de la région est le sémillon, mais le sauvignon blanc gagne du terrain au point de devenir nettement majoritaire. Cela est certainement dû à sa plus grande fiabilité agricole, mais aussi à une identité aromatique prononcée, très reconnaissable dans la jeunesse du vin. Je crois que ma préférence tend vers le sémillon en général, mais il y a beaucoup d’exceptions, car le style d’un vin est une affaire bien plus complexe que son encépagement.

Bien que ces vins aient une très bonne capacité de garde, peu de gens les conservent longtemps en cave de nos jours, et tous sont bons à boire dès maintenant. Le Domaine de Chevalier, par exemple, a la réputation d’être à son meilleur après quelques années. La fermentation en barriques est assez généralisée, mais la part de bois neuf dans les contenants varie de manière importante.

Mes vins préférés du millésime 2007 

(nb. Pape Clément 2007 était « bouchonné »)

Mes vins préférés du millésime 2008

 

Crédit photo : http://www.crus-classes-de-graves.com/

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