Une cave pour un Lafite

Une cave pour un Lafite

Troquer une bouteille de Château Lafite contre une cave d’une centaine de (belles) bouteilles ?

Au moment de la flambée spéculative autour du millésime 2005 à Bordeaux, on s’était amusé à constituer une cave pour le prix d’une seule bouteille de Château Margaux. A l’époque, le centilitre de Château Margaux 2005 avait dépassé le cours de l’or. Et puis la crise est passée par là, laissant naïvement penser qu’on allait revenir à plus de bon sens, ou au moins à un peu de stratégie commerciale. Que nenni, il a suffi d’un autre millésime du siècle (le quatrième en 10 ans…), 2009, et l’arrivée en force des acheteurs fortunés chinois pour remettre en route l’infernale machine spéculative. On se fait donc le plaisir de renouveler l’expérience avec un Lafite Rothschild qui caracole en tête des prix déraisonnables payés pour les 1er crus classés du Médoc. Il semblerait que le marché chinois en soit particulièrement friand pour des raisons « phonétiques » dit-on (le nom serait facile à prononcer et du coup à retenir), mais aussi par la médiatisation du goût de certains hommes d’affaires richissimes qui trinquent au Lafite pour fêter leur succès commerciaux. Ce n’est plus le petit livre rouge, mais le grand verre de rouge, et le plus cher possible, qui mène la danse ! En primeur, la bouteille du 2009 est proposée (en moyenne) autour de 1200 euros en France, hors taxe bien entendu, soit un peu mieux que le Margaux 2005.

Pour 1 centilitre de Lafite Rothschild 2009, vous pouvez donc vous offrir une belle bouteille dans n’importe quelle région de France, et pour 75 cl une véritable cave aussi éclectique que bien fournie (90 bouteilles) :

Autre bonne nouvelle : ces vins sont réellement disponibles, et en plus très agréables à déguster aujourd’hui ! Le Lafite dort toujours dans ses barriques, sera physiquement sur le marché dans un peu plus d’un an, commencera à être buvable dans cinq ans et atteindra son apogée dans une ou deux décennies ! Manquerait plus que la bouteille soit bouchonnée… Peu importe, me direz-vous, ces produits hautement spéculatifs ne sont plus vraiment faits pour être bus. Mais attention, ça ne marche pas à tous les coups, et le Margaux 2005 acheté 1400 euros en 2008 se retrouve à 800 euros chez certains marchands aujourd’hui. Le pari de l’achat en primeur paraît même bien hasardeux, bien plus qu’hier en tout cas, lorsque les prix de sortie permettaient à terme, et presque à coup sûr, de bonifier l’investissement pour peu que le millésime ait été déclaré « bon ».

 

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