Vendanges amères

Vendanges amères

Comme chaque année à la rentrée, le vin occupe le devant de la scène médiatique : foires aux vins, vendanges à la une des journaux télévisés, floraison de guides d’achat et de numéro spéciaux de presque tous les grands hebdomadaires. Mais cette année sa célébration laisse un goût amer.

Certes le millésime 2008 ne s’annonce guère très prometteur, certes les derniers chiffres de la filière sont moroses, certes le vignoble français vient de perdre un de ses plus géniaux artisans (Didier Dagueneau), mais le mal est plus profond : la France aurait honte de son vin. C’est le constat partagé par plusieurs journalistes, dont Denis Saverot et Benoist Simmat, auteurs de « In Vino Satanas » (Albin Michel), et surtout Jacques Dupont et Florence Kennel, qui signent deux articles limpides dans le « spécial vin » de septembre du Point. Exit, les dimensions de plaisir, de partage, de convivialité, de culture, de préservation des paysages et de rayonnement international, le vin serait ravalé au rang de « boisson alcoolique » et le consommateur à celui de dépendant en puissance. En cause, la force des lobbys hygiénistes, généreusement dotés par l’Etat et nourris au sein de la loi Evin, mais surtout le manque criant de clarté et de courage des gouvernants. Car si les premiers sont – après tout – dans leur rôle, les seconds semblent avoir abandonné leur position d’arbitre, avalisant le discours prohibitionniste tout en se frottant les mains devant l’excédent commercial dégagé par la filière. Ces enquêtes pointent les contradictions, les raccourcis, les approximations statistiques, et épinglent le tout répressif des politiques de prévention mises en place en France, tout en portant un regard instructif sur ce qui se fait ailleurs.

 

 

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